
GUIDE C-DRONE · 10 FÉVRIER 2026
Catégorie ouverte ou catégorie spécifique : quel cadre pour votre vol de drone ?
Depuis le règlement européen 2019/947, chaque vol de drone civil s'inscrit dans une catégorie : ouverte, spécifique ou certifiée. En pratique, 95 % des prestations professionnelles se jouent entre les deux premières. Voici comment déterminer laquelle s'applique à votre mission, avec les seuils exacts en vigueur en 2026.
Les trois catégories européennes en bref
Le règlement d'exécution (UE) 2019/947, applicable en France depuis le 31 décembre 2020, classe les exploitations de drones selon le risque, et non selon l'usage loisir ou professionnel. La catégorie ouverte couvre les vols à faible risque : drone de moins de 25 kg, vol en vue directe (VLOS), hauteur maximale de 120 mètres au-dessus du sol, aucun survol de rassemblements de personnes, aucun transport de marchandises dangereuses. Elle ne nécessite ni autorisation ni déclaration préalable auprès de la DGAC.
La catégorie spécifique prend le relais dès qu'une seule de ces limites est dépassée : vol hors vue (BVLOS), vol en agglomération à proximité de tiers, hauteur supérieure à 120 m, drone lourd. Elle repose sur une analyse de risque et sur des scénarios standards. La catégorie certifiée, enfin, concerne les opérations comparables à l'aviation habitée (transport de personnes, gros porteurs au-dessus de foules) : elle reste marginale en 2026 et ne concerne pas les prestations courantes de photo, d'inspection ou de télésurveillance.
Catégorie ouverte : les sous-catégories A1, A2 et A3
La catégorie ouverte se divise en trois sous-catégories selon la proximité des personnes. En A1, avec un drone de classe C0 (moins de 250 g) ou C1 (moins de 900 g), on peut voler à proximité de personnes isolées, sans jamais survoler de rassemblement ; le survol de personnes non impliquées doit rester exceptionnel et le plus bref possible avec un C1. En A2, avec un drone de classe C2 (moins de 4 kg), on vole jusqu'à 30 mètres de personnes non impliquées, distance réduite à 5 mètres si le mode basse vitesse est activé — à condition de détenir le brevet A2. En A3, tout drone de moins de 25 kg peut voler, mais loin de tout : aucune personne non impliquée dans la zone de vol et au moins 150 mètres de toute zone résidentielle, commerciale, industrielle ou récréative.
Attention à la spécificité française : l'arrêté « espace » interdit le vol de loisir en catégorie ouverte au-dessus de l'espace public en agglomération. Nouveauté décisive : depuis le 1er janvier 2026, l'arrêté du 23 décembre 2025 autorise les vols en catégorie ouverte au-dessus de l'espace public en agglomération pour les activités professionnelles — sans survol de personnes et de jour uniquement. Un télépilote pro peut donc désormais filmer une rue de Lyon ou de Bordeaux en catégorie ouverte, là où il fallait auparavant basculer en catégorie spécifique.
Catégorie spécifique : STS-01, STS-02 et autorisations
Depuis le 1er janvier 2026, les scénarios nationaux français S1, S2 et S3 ne sont plus utilisables : les déclarations fondées sur ces scénarios ont cessé d'être valides au 31 décembre 2025. Les exploitants travaillent désormais avec les scénarios standards européens : le STS-01 (vol en vue, jusqu'à 120 m, y compris en zone peuplée, avec un drone de classe C5) et le STS-02 (vol hors vue jusqu'à 2 km avec observateurs, en zone faiblement peuplée, drone de classe C6). Une simple déclaration d'exploitation sur AlphaTango suffit, accompagnée d'un manuel d'exploitation et des certificats du télépilote.
Si la mission sort des scénarios standards — inspection hors vue en ville, vol à plus de 120 m pour une éolienne de grande hauteur, essaim de drones —, l'exploitant doit obtenir une autorisation d'exploitation auprès de la DGAC, fondée sur une analyse de risque SORA ou sur une évaluation de risque prédéfinie (PDRA). Comptez plusieurs semaines à plusieurs mois d'instruction : cette voie se prépare très en amont du chantier.
Quel cadre pour quelle prestation ? Cas concrets
Quelques exemples tirés des missions les plus demandées en France. Photo aérienne d'une maison en zone rurale : catégorie ouverte A1 avec un drone de moins de 250 g, ou A3 si le terrain est dégagé — aucune démarche au-delà de l'enregistrement d'exploitant. Inspection de toiture en centre-ville : espace public en agglomération — possible en catégorie ouverte pour un professionnel depuis le 1er janvier 2026 (sans survol de personnes, de jour), sinon catégorie spécifique STS-01 ; dans les deux cas, déclaration préalable en préfecture. Suivi de chantier en périphérie : souvent possible en A2 ou A3 si l'emprise est fermée au public et hors agglomération, sinon STS-01. Thermographie de parc photovoltaïque au sol : A3 dans la plupart des cas, le site étant clôturé et isolé.
- Drone < 250 g, campagne, personnes éloignées : ouverte A1 — zéro formalité de vol.
- Drone C2, zone périurbaine, tiers à plus de 30 m : ouverte A2 — brevet A2 requis.
- Agglomération, espace public : catégorie ouverte pour les pros depuis 2026 (sans survol de personnes, de jour) ou spécifique STS-01 — déclaration préfecture dans les deux cas.
- Hors vue, corridor linéaire (canalisation, voie ferrée) : spécifique STS-02 ou autorisation SORA.
En cas de doute sur un site précis, la carte Géoportail des restrictions et un échange avec l'exploitant tranchent en quelques minutes : la catégorie découle toujours du couple drone + environnement, jamais du seul type de prestation.
Ce que cela change pour le client d'une prestation drone
Pour un donneur d'ordre, la catégorie applicable détermine trois choses très concrètes : le délai, le prix et la faisabilité. Une mission en catégorie ouverte peut se programmer sous 48 heures. Une mission en ville impose une déclaration en préfecture au moins 10 jours ouvrables avant le vol (cerfa 15476*04, délai en vigueur depuis le 1er janvier 2026) — comptez deux à trois semaines de préavis. Une autorisation SORA se chiffre en mois et renchérit sensiblement le devis, l'exploitant devant produire un dossier de sécurité complet.
Avant de signer, demandez toujours à votre prestataire : son numéro d'exploitant UAS AlphaTango, la catégorie et le scénario prévus pour votre site, son attestation d'assurance responsabilité civile et, en zone peuplée, la preuve de la déclaration préfectorale. Un professionnel sérieux fournit ces éléments sans difficulté ; c'est le meilleur filtre contre les opérateurs qui volent hors cadre et vous exposent, en tant que client, à un chantier annulé le jour J — voire à une coresponsabilité en cas d'incident.