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GUIDE C-DRONE · 15 SEPTEMBRE 2026

Figue de Solliès AOP et drone : irrigation, rouille et mouche méditerranéenne, prix

Sur les contreforts du Gapeau, entre Solliès-Pont et Hyères, une centaine d'arboriculteurs cultivent une appellation à part : une seule variété, la Bourjassotte noire, sur une aire strictement délimitée à 15 communes du Var. La Figue de Solliès est l'une des rares AOP françaises de fruit frais construite sur un unique cépage fruitier plutôt que sur un terroir ouvert à plusieurs variétés — ce qui rend chaque anomalie de vigueur ou d'irrigation d'autant plus lisible d'un verger à l'autre. Voici ce qu'un relevé drone apporte concrètement à cette filière très spécifique, où l'irrigation au goutte-à-goutte conditionne la qualité du fruit autant que sa maladie la plus redoutée — la rouille — et où un ravageur central, la mouche méditerranéenne, échappe entièrement à toute caméra aérienne.

Publié le 15 septembre 2026, relu le 16 septembre 2026 — réglementation en vigueur en septembre 2026.

Une AOP à variété unique, 15 communes du bassin de Solliès

La reconnaissance de la Figue de Solliès remonte au décret du 28 juin 2006, relatif à l'agrément des figues d'appellation d'origine contrôlée, confirmé par le décret AOC n° 2010-1164 du 29 septembre 2010. La reconnaissance européenne suit un an plus tard : le règlement d'exécution (UE) n° 1367/2011 de la Commission, du 19 décembre 2011, enregistre la dénomination comme appellation d'origine protégée — mention devenue obligatoire sur l'étiquetage depuis le 1er janvier 2012. Le cahier des charges impose une seule variété : la Bourjassotte noire, dite localement « Violette de Solliès », reconnaissable à sa robe presque noire et sa chair rouge dense.

L'aire de production couvre 15 communes du Var, concentrées dans le bassin de Solliès et la vallée du Gapeau : Belgentier, Carqueiranne, Cuers, La Crau, La Farlède, La Garde, Hyères, La Londe-les-Maures, Le Pradet, Solliès-Pont, Solliès-Toucas, Solliès-Ville, La Valette-du-Var, et partiellement Pierrefeu-du-Var et Puget-Ville. Une centaine de producteurs y cultivent environ 140 hectares de vergers — quelque 35 000 figuiers — pour une production totale de l'ordre de 1 500 tonnes par an ; la coopérative Copsolfruit annonçait environ 1 000 tonnes pour la campagne 2025, décrite comme précoce et déjà en plein pic à la mi-saison. Le syndicat de défense mène, avec la commune de Solliès-Pont, Toulon Provence Méditerranée et la chambre d'agriculture, une politique de reconquête de surfaces pour répondre à une demande jugée soutenue — ce qui multiplie les jeunes plantations à suivre en parallèle des vergers matures.

Irrigation au goutte-à-goutte et stress hydrique : ce qu'une cartographie aérienne objective

Le figuier de l'AOP est irrigué très majoritairement au goutte-à-goutte, pour un besoin en eau évalué à 600 à 700 millimètres répartis sur la saison végétative — environ six mois, d'avril à la récolte. L'enjeu n'est pas seulement le rendement : en période de stress hydrique marqué, un déficit mal maîtrisé favorise l'éclatement du fruit, qui le rend impropre à la commercialisation en frais. À l'inverse, une irrigation mal répartie sur un même verger — goutteurs bouchés, pression inégale sur une ligne — crée des zones de vigueur hétérogène invisibles depuis le sol tant qu'aucun symptôme visuel n'est apparu.

Un passage multispectral (NDVI ou indices approchants) cartographie cette hétérogénéité de vigueur parcelle par parcelle ; un vol thermique, en complément, approche la fermeture stomatique qui précède les symptômes visibles de stress hydrique. Une revue de référence publiée en 2021 dans Precision Agriculture par Chunhua Zhang et une équipe de l'université de Wageningen recense les usages établis du drone en gestion de verger — cartographie de vigueur, détection de maladies, estimation de rendement — sur l'ensemble du cycle cultural (voir l'étude sur Google Scholar). Aucune étude drone dédiée spécifiquement au figuier n'a été identifiée : c'est un angle élargi, transposé depuis des vergers arboricoles plus largement étudiés (pommier, noisetier, agrumes), et non une preuve directe sur Ficus carica. Pour un verger de quelques hectares — la taille moyenne d'une exploitation de l'AOP —, cette cartographie sert surtout à prioriser les tournées de contrôle des lignes de goutteurs plutôt qu'à remplacer le suivi tensiométrique déjà en place chez les producteurs équipés.

Rouille du figuier et mouche méditerranéenne : ce qu'un drone repère, et ce qu'il ne verra jamais

Deux menaces dominent le verger de figuiers, et un drone ne les traite pas de la même façon. La rouille du figuier (Cerotelium fici), un champignon favorisé par l'humidité, provoque la chute prématurée des feuilles et pèse directement sur la qualité et la quantité de la récolte : c'est une maladie foliaire, en principe accessible à l'imagerie aérienne. Une étude publiée en 2023 dans AgriEngineering par Yenny Rodriguez-Gallo et ses coauteurs démontre la détection par drone RVB d'une rouille foliaire — celle du caféier (Hemileia vastatrix) — à partir d'un traitement d'image dédié (voir l'étude sur Google Scholar). Le principe — repérer par imagerie aérienne les foyers de rouille avant qu'ils ne s'étendent à tout le houppier — est transposable, mais il s'agit d'une extrapolation explicite : pathogène et hôte diffèrent totalement, et aucun protocole n'a validé cette détection sur figuier.

Le point d'honnêteté. La mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata) est un ravageur central de la filière : la femelle pond dans le fruit, la larve se développe entièrement à l'intérieur, ne laissant qu'un petit orifice en surface — le fruit atteint sa maturité apparente tout en étant impropre à la commercialisation. Cette attaque se joue à l'intérieur du fruit, hors de portée de toute caméra aérienne, RVB, multispectrale ou thermique : aucun drone ne détecte une ponte ni une larve. Le suivi reste piloté au sol par piégeage (pièges à phéromone ou attractif alimentaire), seule méthode reconnue pour évaluer la pression de la mouche et déclencher une intervention. Il en va de même pour la cochenille cireuse (Ceroplastes rusci), considérée comme le ravageur le plus préoccupant de l'espèce, dont les colonies se logent sur les rameaux et échappent largement à une résolution utile depuis l'air. Un drone documente la vigueur du houppier et peut, sous réserve de l'extrapolation ci-dessus, signaler une zone de dépérissement à faire inspecter en priorité pour la rouille — il ne remplace à aucun moment le piégeage de la mouche ni l'observation rapprochée des rameaux.

Jeunes plantations de la reconquête, qui commande ce relevé, méthode et prix en 2026

La demande vient principalement des arboriculteurs de l'AOP eux-mêmes — une centaine d'exploitations, souvent de quelques hectares —, de la coopérative Copsolfruit qui centralise une partie de la commercialisation, du syndicat de défense et de la chambre d'agriculture du Var dans le cadre de la politique de reconquête de surfaces menée avec Solliès-Pont et Toulon Provence Méditerranée. Sur un verger mature, la mission type combine un passage multispectral de vigueur et, en période de risque, un vol thermique ciblé sur l'irrigation. Sur une jeune plantation issue du programme de reconquête, la priorité est souvent différente : une orthophoto ou un modèle de surface sert au comptage des pieds et au suivi géométrique de l'installation, avant même la question de la vigueur.

Ordres de grandeur constatés en France en 2026, hors taxes :

PrestationPrix constaté (HT)
Cartographie de vigueur multispectrale, un passage (jusqu'à 5 ha)300 à 600 €
Vol thermique ciblé irrigation, une sortie300 à 600 €
Orthophoto et comptage de pieds sur jeune plantation300 à 600 €
Suivi combiné sur une campagne (irrigation + vigueur + repérage rouille)700 à 1 300 € selon surface

Ces missions s'appuient sur notre offre agriculture de précision par drone et sur la technique détaillée dans notre guide photogrammétrie et modélisation 3D par drone ; les informations réglementaires de cette page reflètent la réglementation en vigueur en septembre 2026. Après un épisode de grêle ou de tempête, notre guide sur l'assurance récolte et le sinistre climatique détaille ce qu'un relevé drone apporte au dossier d'indemnisation. Pour un arboriculteur, la coopérative ou le syndicat de défense, demandez un devis en précisant la surface, l'âge du verger — jeune plantation ou verger mature — et l'objectif prioritaire, irrigation ou vigueur.

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