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GUIDE C-DRONE · 26 AOÛT 2026

Drone et aciérie électrique : rubriques ICPE 2545 et 3220, toiture de halle, dépoussiéreur et prix

Une halle de coulée de soixante mètres de portée, une toiture percée de lanterneaux et d'exutoires que personne n'a vue de près depuis la dernière grosse maintenance, une cheminée de dépoussiéreur primaire dont les gaines serpentent au-dessus des voies de circulation des poches, et en cour un stock de ferrailles d'alimentation qui monte et redescend au rythme des enfournements. Sur une aciérie électrique, presque tout ce qu'un service technique aurait besoin de vérifier se trouve en hauteur, au-dessus d'une installation qui tourne en continu, dans un environnement de rayonnement thermique, de poussières et de coactivité lourde où l'on ne pose ni échafaudage ni nacelle sur un simple bon de commande. Voici ce que le drone documente sur ce type de site, ce qu'il ne remplace en aucun cas, et les prix.

Publié le 26 août 2026, relu le 29 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.

Aciérie électrique : rubriques ICPE 2545, 3220 et 3230

Une aciérie électrique — four à arc alimenté en ferrailles, métallurgie en poche, coulée continue, souvent suivie d'un laminoir à chaud sur le même site — relève en France de plusieurs rubriques de la nomenclature des installations classées, qui se cumulent. La première est la rubrique ICPE 2545, libellée « Acier, fer, fonte, ferro-alliages (fabrication d'), à l'exclusion de la fabrication de ferro-alliages au four électrique lorsque la puissance du (des) four(s) susceptibles de fonctionner simultanément est inférieure à 100 kW » : elle classe l'activité en autorisation, seule la fabrication de ferro-alliages au four électrique de faible puissance échappant au classement. La seconde relève des activités relevant de la directive sur les émissions industrielles : la rubrique 3220, « Production de fonte ou d'acier (fusion primaire ou secondaire), y compris par coulée continue, avec une capacité de plus de 2,5 tonnes par heure », également en autorisation, qui fait entrer l'établissement dans le régime IED avec ses conclusions sur les meilleures techniques disponibles — celles de la sidérurgie ont été établies par la décision d'exécution 2012/135/UE du 28 février 2012. À noter que la rubrique 3210, « Grillage ou frittage de minerai métallique, y compris de minerai sulfuré », vise la filière fonte et son agglomération de minerai, pas la filière électrique alimentée en ferrailles.

Si le site comporte un laminoir à chaud d'une capacité supérieure à 20 tonnes d'acier brut par heure, il relève en outre de la rubrique 3230 a), « Transformation des métaux ferreux », elle aussi en autorisation, dont les conclusions sur les meilleures techniques disponibles ont été établies par la décision d'exécution (UE) 2022/2110 du 11 octobre 2022. S'y ajoutent, selon la configuration, les rubriques de stockage de déchets métalliques, de gaz industriels, de dépôts d'oxygène ou d'installations de combustion. En régime d'autorisation, l'essentiel des prescriptions applicables ne se lit pas dans un arrêté ministériel de portée générale mais dans l'arrêté préfectoral d'autorisation propre à l'établissement, articulé avec le socle commun de l'arrêté du 2 février 1998 sur les prélèvements d'eau et les émissions des installations soumises à autorisation. Pour un service QHSE, cela veut dire une chose simple : chaque campagne d'inspection doit pouvoir se rattacher à une prescription nommément identifiée du dossier, et une image datée vaut mieux qu'un compte rendu de ronde.

Toiture de halle de très grande portée : lanterneaux, exutoires et couverture

La halle de coulée et le hall de fusion d'une aciérie électrique se signalent par une caractéristique que peu d'autres bâtiments industriels partagent : une portée de charpente qui se compte en dizaines de mètres, une hauteur sous crochet de pont roulant considérable, et une couverture percée de lanterneaux et d'exutoires de fumée dimensionnés pour évacuer les émissions secondaires que le captage primaire ne récupère pas. Cette toiture encaisse un régime que peu de couvertures subissent : dilatation thermique cyclique au rythme des coulées, dépôts de poussières métalliques, condensats acides, corrosion accélérée des fixations et des costières. Personne ne monte dessus sans démarche lourde, et une nacelle ne desservira jamais le centre d'une halle de soixante mètres de portée. Un vol photogrammétrique produit en une matinée une orthophoto et un modèle 3D de l'ensemble de la couverture, à une résolution où l'on distingue un lanterneau brisé, une plaque translucide opacifiée, un joint de dilatation ouvert, un chéneau engorgé de dépôts ou un exutoire dont la trappe ne referme plus correctement. C'est le cœur de notre prestation d'inspection de toiture par drone.

L'intérêt n'est pas seulement d'y voir clair une fois : refaite selon un plan de vol identique d'une année à l'autre, la couverture devient une série comparable qui objective la progression d'un désordre et alimente un plan pluriannuel de gros entretien, un dossier d'assurance ou une négociation de travaux. Une revue de référence de Parham Nooralishahi et de ses coauteurs, publiée en 2021 dans la revue Drones, fait le point sur l'inspection non destructive de sites industriels par drone et souligne l'apport principal du procédé sur ce type d'installation : accéder à des équipements en hauteur difficilement atteignables autrement, en limitant l'exposition des opérateurs et sans imposer l'arrêt de production qu'exigerait un accès physique (voir l'étude sur Google Scholar). Sur une aciérie, où une journée d'arrêt de four se chiffre lourdement, cet argument est en général le premier que retient une direction technique — c'est exactement le raisonnement que détaille notre guide sur le calcul du retour sur investissement d'une inspection industrielle par drone.

Cheminée, gaines du dépoussiéreur primaire, silo à chaux et trémies

Le dépoussiéreur primaire d'une aciérie électrique est un ouvrage à part entière : captage au quatrième trou du four et sous la hotte, gaines de très gros diamètre, chambre de refroidissement, filtre à manches de plusieurs milliers de mètres carrés de surface filtrante, ventilateur et cheminée. L'ensemble court souvent au-dessus des voies de circulation des poches et des zones de stockage, ce qui interdit en pratique tout accès simple. Un survol ciblé documente ce qui se voit de l'extérieur et qui compte vraiment : corrosion et perforation de virole sur une gaine, calorifuge décollé ou manquant, brides suintantes, fixation de passerelle dégradée, état des caissons du filtre à manches et de leurs trappes, dépôt de poussière autour d'une jonction — signe d'une perte d'étanchéité —, et sur la cheminée elle-même les bagues, les échelles, les balisages et les traces de rejet en partie haute. La même logique s'applique au silo à chaux et aux trémies d'addition : état extérieur de la virole, corrosion en pied de cône, filtre d'évent en toiture, empoussièrement autour de la bouche de remplissage. Notre guide dédié à l'inspection de cheminée et de silo industriel par drone détaille cette méthode.

Il faut être précis sur ce que le drone livre et ce qu'il ne livre pas. Une étude de Mladen Zrinjski, Antonio Tupek, Duro Barkovic et Ante Polovic, publiée en 2021 dans Sensors, a comparé sur une cheminée industrielle en maçonnerie de 65 mètres un relevé par photogrammétrie drone et un relevé par station totale : la station totale atteint une précision moyenne d'environ 2,6 mm, contre 25,5 mm pour le nuage de points issu du drone, soit un facteur dix — les auteurs concluent que le relevé par drone est tout à fait possible, mais qu'une grande attention doit être portée à la précision du nuage dès lors qu'on vise un résultat de haute exactitude (voir l'étude sur Google Scholar). Traduction opérationnelle : le drone est excellent pour repérer, dater et hiérarchiser des désordres visuels sur une cheminée ou une gaine, et pour préparer une intervention ; il ne remplace ni un contrôle de verticalité au millimètre, ni un contrôle d'épaisseur par ultrasons, ni la visite d'un cordiste qui va toucher, sonder et intervenir. Les deux se combinent très bien : le drone cible, le cordiste traite.

Ferrailles, laitiers et poussières d'aciérie : cubage photogrammétrique et ronde thermique

La cour d'une aciérie électrique vit au rythme des enfournements : ferrailles d'alimentation réceptionnées, triées et reprises au grappin, laitiers de four et de poche refroidis puis criblés en cour avant valorisation en technique routière, chutes et rebuts de coulée continue, briques réfractaires déposées. Estimer ces volumes depuis le sol relève du doigt mouillé, et un tas de ferrailles est précisément le type de stock qu'on ne peut ni arpenter ni approcher en sécurité. Un levé photogrammétrique par drone en produit un modèle 3D et un volume, avec une précision très supérieure à l'estimation visuelle. Une étude de M. H. Rohizan et de ses coauteurs, publiée en 2021 dans IOP Conference Series: Earth and Environmental Science, a comparé le cubage d'un stock par photogrammétrie drone et par méthode conventionnelle, avec un écart de seulement 2,5 % entre les deux approches (voir l'étude sur Google Scholar) ; la méthode, décrite dans notre guide sur le calcul de cubatures de stocks par drone, se transpose directement à une cour d'aciérie. Le pont-bascule reste la seule donnée réglementaire et contractuelle pour les tonnages entrants et sortants : le cubage par drone est un outil d'inventaire et de pilotage, pas une pesée. Il éclaire en revanche très bien un point que les conclusions sur les meilleures techniques disponibles de la sidérurgie traitent explicitement : le stockage et la manutention des matières entrantes et des résidus de production, et la réduction des envols de poussières depuis les aires de stockage.

Le bâtiment de stockage des poussières d'aciérie mérite un traitement à part. Captées au filtre à manches, ces poussières sont un déchet dangereux — riche en zinc, mais aussi en plomb et en cadmium, ce que confirme la littérature de caractérisation des poussières de four à arc électrique — stocké en silo ou sous halle fermée avant expédition vers une filière de valorisation du zinc. Ce qu'un survol documente utilement : intégrité de la couverture et du bardage de la halle, portes et rideaux d'air, absence de trace d'envol ou de ruissellement chargé autour du bâtiment, état de l'aire étanche et de son réseau de collecte. Côté circuits de refroidissement, une ronde thermographique repère depuis l'extérieur un écart franc sur un tronçon de canalisation, une fuite qui se signale par une zone humide anormalement froide, ou une cellule de tour aéroréfrigérante qui décroche par rapport à ses voisines — un symptôme de ventilateur défaillant, de garnissage colmaté ou de distribution d'eau déséquilibrée. Elle ne mesure aucun débit, aucune concentration, et ne dispense d'aucune analyse ni d'aucun contrôle réglementaire : elle dit où regarder.

Méthode de mission, coactivité et prix

Sur ce type de site, la mission se prépare plus qu'elle ne se pilote. Comptez une demi-journée de vol pour un périmètre ciblé — toiture de halle, cheminée et gaines, ou cour de stockage — et une journée complète pour une campagne couvrant l'ensemble d'une aciérie avec son laminoir. Tout démarre par un point avec le responsable maintenance ou QHSE : liste des ouvrages à couvrir et rattachement à une prescription du dossier, séquence de fusion et de coulée pour caler les créneaux, zones interdites de survol (aplomb de coulée, transfert de poches, aire de refroidissement des laitiers), circulation des engins et des camions de ferrailles, moyens de communication avec la conduite et le pont roulant, point de décollage à l'écart. Le rayonnement thermique et les panaches de fumées secondaires imposent des marges de distance réelles, et les grandes masses métalliques d'une halle perturbent parfois la boussole magnétique de l'appareil : un pilote expérimenté prévoit un vol en mode dégradé et un plan de repli. Comme pour toute intervention en site industriel, le plan de prévention et la coactivité se règlent avant le vol, jamais le jour même. Un site sidérurgique se trouve fréquemment dans une zone à contraintes aériennes : vérifiez systématiquement la zone sur Géoportail avant tout devis, et exigez du prestataire une assurance responsabilité civile professionnelle à jour.

Un mot sur ce que la prestation ne couvre pas, car c'est ce qui fait la différence entre un rapport utile et un rapport trompeur. Le drone ne délivre aucun diagnostic structurel de charpente ni de calcul de reprise de charge — cela reste le domaine d'un bureau d'études. Il ne se substitue à aucune vérification générale périodique des appareils de levage, des installations électriques ou des équipements sous pression. Il ne remplace ni l'autosurveillance des rejets atmosphériques, ni les contrôles périodiques par organisme agréé, ni les mesures d'épaisseur par ultrasons sur une gaine suspecte. Il ne dit rien de l'état d'un réfractaire. Ce qu'il apporte, et qui a une vraie valeur pour un exploitant, c'est une couverture visuelle et thermique complète, datée, reproductible et sans exposition d'opérateur en hauteur, sur des ouvrages que l'on n'inspecte autrement qu'à l'occasion d'un arrêt. Le principe est le même que sur une fonderie, avec des échelles et des contraintes thermiques d'un tout autre ordre.

Prix 2026 (HT) : 600 à 1 200 € pour un cubage ponctuel des stocks de ferrailles et de laitiers en cour ; 400 à 800 € pour une inspection ciblée d'un ouvrage isolé (cheminée et gaines du dépoussiéreur, silo à chaux, halle de stockage des poussières) ; 1 200 à 2 400 € pour une campagne complète associant orthophoto du site, couverture de la toiture de halle, inspection du dépoussiéreur, ronde thermique des circuits de refroidissement et cubage des stocks ; 300 à 600 € par passage pour un suivi récurrent sur le même plan de vol. Le forfait de déplacement s'ajoute au-delà d'un rayon de 30 à 50 km. Demandez un devis en précisant la surface de toiture de halle, la hauteur de la cheminée, la présence d'un laminoir et l'objectif visé (plan pluriannuel de maintenance, dossier de réexamen IED ou inventaire de stocks).

Questions fréquentes

Peut-on faire voler un drone au-dessus d'une aciérie en production ?

Oui, à condition d'organiser la mission avec l'exploitant. Le vol se déroule en observation extérieure, à distance des sources de rayonnement thermique et hors de l'aplomb des zones de coulée, de transfert de poches et de circulation d'engins. Le briefing préalable fixe les créneaux compatibles avec la séquence de fusion et de coulée, les zones interdites de survol, le point de décollage et les moyens de communication avec la conduite et le pont roulant. Sur bien des sites, les passages les plus délicats se calent en fin de coulée ou pendant une fenêtre de maintenance courte, sans immobiliser le four pour autant. Ce cadrage relève du plan de prévention et de l'analyse de risque de l'établissement : c'est l'exploitant qui autorise, encadre et suspend le vol si les conditions changent.

Le drone remplace-t-il un diagnostic de charpente sur une halle de très grande portée ?

Non, et c'est une limite qu'il faut poser d'emblée. Une charpente métallique de halle de coulée travaille sous des sollicitations que rien ne se lit depuis l'extérieur : dilatation thermique cyclique, charges de ponts roulants, corrosion sous calorifuge, fatigue des assemblages. Le drone produit une image extérieure datée — désordres de couverture, déformation visible d'une ligne de faîtage, corrosion de bardage, lanterneaux cassés — qui alerte et qui priorise. Le diagnostic structurel reste l'affaire d'un bureau d'études qui accède aux nœuds, mesure, calcule et engage sa responsabilité. De la même manière, le drone ne se substitue à aucune vérification générale périodique : appareils de levage, installations électriques et équipements sous pression relèvent de contrôles réglementaires distincts.

La thermographie par drone peut-elle contrôler un four à arc ou un dépoussiéreur ?

Elle en lit uniquement l'enveloppe extérieure, et c'est déjà utile : écart de température sur une gaine du dépoussiéreur primaire trahissant une perte de calorifuge ou un défaut d'étanchéité, point chaud anormal sur un circuit de refroidissement, cellule de tour aéroréfrigérante qui décroche par rapport à ses voisines, tronçon de canalisation extérieure en écart franc. Elle ne mesure ni une température de bain, ni une épaisseur de réfractaire, ni une concentration à l'émissaire. Les mesures qui comptent réglementairement — autosurveillance des rejets atmosphériques, contrôle périodique par un organisme agréé — passent par des dispositifs et des protocoles que la caméra portée par le drone ne remplace jamais.

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