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Vagues sur une plage de sable vues du ciel

GUIDE C-DRONE · 25 AOÛT 2026

Drone et légumerie industrielle : rubrique ICPE 2220, cubage des stocks de légumes et prix

En pleine campagne, la cour de réception d'une légumerie ou d'une conserverie de légumes disparaît sous les bennes et les big-bags de haricots verts, de petits pois ou de carottes, livrés à un rythme que le pont-bascule du site peine parfois à suivre. À côté, un atelier de cuisson-appertisation qui tourne jour et nuit, un tunnel de surgélation alimenté par un groupe froid à l'ammoniac, et une toiture saturée d'humidité de process sur laquelle personne ne monte volontiers en pleine saison. Voici ce que le drone documente sur ce type de site — cubage des stocks bruts, état de toiture, groupe froid — et les prix.

Publié le 25 août 2026, relu le 26 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.

Légumerie, conserverie, atelier de surgélation : le périmètre de la rubrique ICPE 2220

Une légumerie qui trie, lave et prépare des légumes frais pour la distribution, une conserverie qui les stérilise en boîte ou en bocal (appertisation), ou un atelier qui les congèle en tunnel de surgélation relèvent en France de la même famille réglementaire : la rubrique ICPE 2220, qui couvre la préparation ou la conservation de produits alimentaires d'origine végétale par cuisson, appertisation, surgélation, congélation, lyophilisation, déshydratation, torréfaction, fermentation, et qui inclut nommément les ateliers de maturation de fruits et légumes. La rubrique exclut en revanche trois filières classées ailleurs : le sucre, la fécule et le malt, ainsi que les huiles et les aliments pour le bétail.

Le régime applicable se détermine par la quantité de produits entrants, appréciée au jour le plus fort de l'année — un critère taillé pour une activité aussi saisonnière que la mise en conserve de haricots verts ou de petits pois, où la quasi-totalité du tonnage annuel se concentre sur quelques semaines de campagne. Une installation qui traite entre 2 et 10 tonnes par jour relève de la déclaration, encadrée par l'arrêté du 17 juin 2005 ; au-delà de 10 tonnes par jour, elle bascule en enregistrement, régi par l'arrêté du 14 décembre 2013. Ce sont ces pics de campagne, précisément, que le pont-bascule du site mesure et que le drone vient documenter en image.

Cour de réception : cubage des stocks de légumes bruts par photogrammétrie

En pleine campagne, la cour de réception d'une légumerie s'organise en andains ou en palettes de bacs, parfois en tas à même le sol pour certains légumes racines livrés en vrac. Compter des bennes ou des palettes à l'œil, depuis le sol, donne un ordre de grandeur ; un levé photogrammétrique par drone, lui, produit un modèle 3D du stock et en calcule le volume avec une précision qui dépasse largement l'estimation visuelle. Cette méthode, développée et validée pour les stocks de granulats en carrière — voir notre guide sur le calcul de cubatures de stocks par drone —, se transpose directement à un tas de légumes bruts en cour de réception.

Une étude de M. H. Rohizan et ses coauteurs, publiée en 2021 dans IOP Conference Series: Earth and Environmental Science, a comparé le cubage d'un stock de carrière par photogrammétrie drone et par méthode conventionnelle, avec un écart de seulement 2,5 % entre les deux approches (voir l'étude sur Google Scholar). Le pont-bascule reste, et doit rester, la référence réglementaire pour la quantité de produits entrants qui détermine le régime ICPE ; le cubage par drone apporte un inventaire visuel et volumétrique complémentaire — utile pour piloter une campagne au jour le jour, documenter un stock pour une déclaration d'assurance, ou objectiver une rotation de stock contestée avec un fournisseur.

Toiture d'atelier, appertisation et groupe froid de surgélation : ce qu'un survol documente

L'atelier de production d'une légumerie combine souvent, sous une même toiture, une zone de lavage-épluchage, une ligne de cuisson-appertisation avec ses autoclaves, et, pour les sites qui surgèlent, un tunnel de congélation raccordé à un groupe froid à l'ammoniac et à ses tours aéroréfrigérantes en toiture — une configuration proche de celle que nous détaillons dans notre guide sur l'inspection d'une laiterie/fromagerie industrielle. La couverture encaisse le même régime hygrométrique : buée et condensation liées au lavage et à la vapeur de cuisson, corrosion accélérée par une atmosphère humide et parfois chlorée (désinfection des lignes), points de rétention d'eau autour des passages de gaine et des tours de refroidissement.

Cette lecture thermique de l'enveloppe s'appuie sur une technique déjà documentée dans la littérature scientifique et déjà citée dans notre guide laiterie/fromagerie : une étude d'Ortiz-Sanz et ses coauteurs, publiée en 2019 dans Remote Sensing, a comparé une caméra thermique portée par drone à une caméra fixe sur mât pour détecter ponts thermiques, infiltrations d'air et remontées d'humidité sur l'enveloppe d'un bâtiment, avec une efficacité de détection comparable et un temps de couverture très inférieur pour le drone (voir l'étude sur Google Scholar). Sur le groupe froid lui-même, le passage thermique repère un givrage anormal ou une surchauffe de compresseur en toiture, symptômes visibles d'un défaut à faire vérifier par le frigoriste ; il ne détecte en aucun cas une fuite de gaz réfrigérant, qui relève des détecteurs fixes réglementaires.

Bassins des eaux de lavage, méthode et prix

Les eaux de lavage des légumes bruts — terre, débris végétaux, matière organique en suspension — rejoignent souvent un ou plusieurs bassins de traitement avant rejet ou réutilisation, dimensionnés pour encaisser le pic de charge organique de la pleine campagne. Comme sur une sucrerie betteravière, dont les bassins de décantation subissent une contrainte comparable en période de campagne, un levé photogrammétrique périodique des bassins objective l'envasement et le volume utile réellement disponible, sans intervention en bord de bassin.

La mission s'organise sur une demi-journée, idéalement programmée en cours de campagne pour un cubage de stock représentatif : point avec le responsable de production ou QHSE, circulation des camions en cour de réception, zones où la vapeur des autoclaves peut réduire la visibilité, point de décollage à l'écart des allées de circulation. Comme pour toute mission en site industriel, le plan de prévention se règle avant le vol. Vérifiez systématiquement la zone sur Géoportail avant tout devis, et exigez une assurance responsabilité civile professionnelle à jour du prestataire.

Prix 2026 (HT) : 400 à 800 € pour un cubage ponctuel du stock de la cour de réception ; 900 à 1 800 € pour une campagne complète associant cubage des stocks, orthophoto et passage thermique de la toiture et du groupe froid ; 250 à 500 € par passage pour un suivi récurrent en cours de campagne (plusieurs cubages hebdomadaires) ; 300 à 600 € pour un levé des bassins de traitement seul. Le forfait de déplacement s'ajoute au-delà d'un rayon de 30 à 50 km. Demandez un devis en précisant le rythme de la campagne, la surface de toiture et l'objectif visé (inventaire, dossier réglementaire ou prévention incendie/froid).

Questions fréquentes

Le drone remplace-t-il le pont-bascule pour déterminer le régime ICPE de la rubrique 2220 ?

Non. Le régime — déclaration ou enregistrement — se détermine par la quantité de produits entrants pesée au pont-bascule, un dispositif métrologique réglementaire dont la donnée engage l'exploitant. Le cubage par drone produit une estimation volumétrique du stock visible en cour de réception, utile pour le pilotage de campagne ou un inventaire, mais qui ne se substitue à aucun moment à la pesée réglementaire.

La cubature par drone est-elle assez précise pour un inventaire de fin de campagne ?

Sur un tas bien formé et accessible sous tous les angles, l'écart mesuré dans la littérature scientifique entre un cubage par drone et une méthode conventionnelle reste de l'ordre de quelques pour cent. La précision se dégrade en revanche sur un stock partiellement recouvert (bâche, hangar), tassé de façon hétérogène ou mélangé à des palettes vides : le résultat reste un ordre de grandeur fiable pour un inventaire de gestion, pas une pesée contractuelle.

La caméra thermique détecte-t-elle une fuite de gaz réfrigérant sur le groupe froid à l'ammoniac ?

Non. Elle lit une température de surface — givrage anormal sur une canalisation, point chaud sur un compresseur en toiture — qui peut être le symptôme visible d'un défaut, mais elle ne mesure aucune concentration de gaz dans l'air. La détection de fuite d'ammoniac relève exclusivement des détecteurs fixes imposés par la réglementation ICPE sur ce type d'installation.

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