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GUIDE C-DRONE · 25 AOÛT 2026

Drone et plateforme de stockage de pneus usagés : rubrique ICPE 2663, prévention incendie et cubage des stocks

Un feu de plateforme de pneus usagés ne ressemble à aucun autre incendie industriel : il couve parfois plusieurs semaines au cœur d'un tas avant de percer en surface, dégage une fumée noire chargée en polluants difficile à faire cesser, et laisse une coulée d'huile de pyrolyse qui menace les sols et les eaux souterraines bien après l'extinction des dernières flammes visibles. Sur ce type de site — plateforme de collecte, centre de broyage-valorisation ou stock tampon avant retraitement —, l'essentiel de ce qu'un exploitant doit surveiller au quotidien se voit depuis le ciel : organisation des îlots de stockage, hauteur des tas, dégagement des allées coupe-feu, volume réellement entreposé. Voici ce que le drone documente sur une plateforme de pneumatiques usagés, ce qu'il ne remplace pas, et les prix.

Publié le 25 août 2026, relu le 26 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.

Stockage de pneus usagés : rubrique ICPE 2663 et contraintes d'aménagement des îlots

Une plateforme qui collecte, stocke ou broie des pneumatiques usagés relève en France de la rubrique ICPE 2663, qui couvre le stockage de pneumatiques et de tout produit dont au moins 50 % de la masse unitaire est composé de polymères — matières plastiques, caoutchouc, élastomères, résines et adhésifs synthétiques —, à l'exclusion des entrepôts déjà classés au titre de la rubrique 1510. Le régime applicable se détermine par le volume susceptible d'être stocké : entre 1 000 et 10 000 m³, l'installation relève de la déclaration, encadrée par l'arrêté du 14 janvier 2000 ; au-delà de 10 000 m³, elle bascule en enregistrement, régi par l'arrêté du 15 avril 2010.

Ces deux textes imposent une organisation précise du stockage, pensée pour limiter la propagation d'un feu et faciliter l'intervention des secours : chaque îlot de pneus est limité à 3 000 m² en l'absence de système d'extinction automatique, porté à 6 000 m² lorsque l'installation en est équipée ; la hauteur de stockage ne dépasse pas 8 mètres ; des allées d'au moins 2 mètres de large séparent chaque îlot ; et au moins un tiers de la surface au sol reste en permanence libre de tout stockage. Un relevé aérien régulier — orthophoto et modèle 3D de l'ensemble de la plateforme — donne à l'exploitant une image datée et mesurable de l'emprise de chaque îlot, de l'espacement entre eux et de la hauteur des tas, utile pour vérifier au fil de l'exploitation que l'aménagement reste conforme au plan validé, sans jamais dispenser l'exploitant de sa propre responsabilité réglementaire.

Cubage des stocks bruts et des broyats par photogrammétrie

Compter des tas de pneus entiers ou des andains de broyat de gomme à l'œil, depuis le sol, ne donne qu'un ordre de grandeur approximatif : les tas s'empilent de façon irrégulière, se mélangent parfois par catégorie (tourisme, poids lourd, agricole, génie civil) et évoluent au rythme des arrivages et des expéditions vers les filières de valorisation. Un levé photogrammétrique par drone produit un modèle 3D de chaque îlot et en calcule le volume avec une précision bien supérieure à l'estimation visuelle — la même méthode que celle détaillée dans notre guide sur le calcul de cubatures de stocks par drone, développée pour les stocks de granulats en carrière et directement transposable à un stock de pneumatiques ou de broyats.

Cette cubature reste un outil de pilotage interne : suivi de rotation des stocks, préparation d'un enlèvement, inventaire pour une déclaration d'assurance. Elle ne se substitue jamais au pesage réglementaire au pont-bascule, seule donnée reconnue par les éco-organismes agréés de la filière à responsabilité élargie du producteur des pneumatiques — France Recyclage Pneumatiques et Tyval, coordonnés depuis décembre 2024 par le Comité coordonnateur pour la collecte des pneumatiques (CCCP) — pour la déclaration des tonnages collectés et traités.

Prévention incendie : ronde thermique et limites face à l'auto-échauffement

Un feu de pneus est redouté précisément parce qu'il ne commence presque jamais en surface : la combustion s'amorce souvent au cœur d'un tas dense, alimentée par les poches d'air emprisonnées entre les carcasses et l'oxygène qui y circule lentement, et peut couver plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant qu'un panache de fumée ou une odeur ne trahisse le foyer. Une caméra thermique embarquée sur drone lit une température de surface : bardage d'un hangar de stockage couvert, sommet visible d'un tas à l'air libre, zone de compactage d'un broyat frais qui chauffe naturellement en début de stockage. Elle ne voit rien de ce qui couve en profondeur, exactement comme pour l'auto-échauffement d'un silo à grains détaillé dans notre guide sur la surveillance thermique des silos à céréales : une ronde périodique complète les rondes humaines et les éventuels capteurs fixes, elle ne les remplace jamais.

Une équipe de recherche emmenée par Dhyey Joshi, publiée en 2024 dans Frontiers in Environmental Science, a entraîné plusieurs modèles de deep learning sur des images aériennes thermiques et visibles de départs de feu de tas — le jeu de données FLAME, initialement constitué pour la détection de feux de végétaux amoncelés —, avec une précision de détection dépassant 97 % pour les meilleurs modèles testés (voir l'étude sur Google Scholar). Le principe qui s'en dégage — combiner image thermique et image visible pour repérer le tout début d'un départ de feu de tas plutôt qu'un incendie déjà développé — structure directement une ronde de surveillance efficace sur une plateforme de pneumatiques : passage régulier sur chaque îlot, comparaison d'une campagne à l'autre, attention particulière au dégagement des allées coupe-feu de 2 mètres, un enjeu que notre guide sur la casse automobile et le centre VHU retrouve pour un risque comparable.

Méthode et prix

La mission s'organise sur une demi-journée pour une plateforme de taille courante, une journée pour un site multi-îlots avec atelier de broyage. Elle démarre par un point avec le responsable QHSE : liste des îlots à couvrir, circulation des engins de manutention (chargeuses, grappins), zones où la poussière de broyage peut réduire la visibilité, point de décollage à l'écart des allées de circulation. Le vol enchaîne un passage photogrammétrique sur l'ensemble des îlots pour l'orthophoto et le cubage, un passage thermique ciblé si la prestation l'inclut, et une couverture du bâtiment de broyage-valorisation le cas échéant. Comme pour toute mission en site industriel, le plan de prévention se règle avant le vol, pas le jour même ; une assurance responsabilité civile professionnelle à jour du prestataire est un prérequis non négociable.

Prix 2026 (HT) : 400 à 900 € pour un cubage ponctuel des stocks d'une plateforme de taille courante ; 900 à 1 800 € pour une campagne complète associant cubage de tous les îlots, orthophoto et passage thermique ; 250 à 500 € par passage pour un suivi récurrent en cas de rotation rapide des stocks (plusieurs cubages mensuels) ; 300 à 600 € pour une ronde thermique seule. Le forfait de déplacement s'ajoute au-delà d'un rayon de 30 à 50 km. Demandez un devis en précisant le nombre d'îlots, la surface totale de stockage et l'objectif visé (suivi de rotation, prévention incendie ou dossier réglementaire).

Questions fréquentes

Un relevé par drone peut-il mesurer la hauteur des tas pour vérifier la limite réglementaire de 8 mètres ?

Le modèle 3D issu d'un vol photogrammétrique donne une estimation de hauteur nettement plus fiable qu'une appréciation visuelle depuis le sol, et permet de repérer un tas qui approche ou dépasse la limite. Cette lecture reste un outil de suivi et d'alerte ; elle ne dispense jamais l'exploitant de sa propre responsabilité réglementaire sur le respect de l'aménagement validé lors du dossier de déclaration ou d'enregistrement.

La ronde thermique détecte-t-elle un foyer d'auto-échauffement profond dans un tas de pneus ?

Elle lit une température de surface : bardage, sommet visible d'un tas, zone de compactage d'un broyat frais. Un foyer qui démarre au cœur d'un tas dense, alimenté par les poches d'air entre les carcasses, met souvent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à transparaître en surface. La ronde par drone complète la surveillance humaine et les éventuels capteurs fixes ; elle ne les remplace jamais.

Le cubage par drone est-il reconnu par les éco-organismes de la filière REP pneumatiques pour déclarer les tonnages traités ?

Non. La donnée réglementaire reconnue par les éco-organismes agréés de la filière à responsabilité élargie du producteur des pneumatiques reste le pesage certifié au pont-bascule. Le cubage par drone produit une estimation volumétrique indicative, utile pour le pilotage interne d'une plateforme (rotation des stocks, préparation d'un enlèvement), mais qui ne se substitue à aucun moment à cette déclaration.

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