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GUIDE C-DRONE · 26 AOÛT 2026

Drone et plateforme de recyclage de ferrailles : rubrique ICPE 2713, cubage des stocks et prix

Une cour de deux hectares où alternent des montagnes de ferraille lourde, des balles d'aluminium empilées, un bac de cuivre sous surveillance et la zone de manœuvre du grappin : sur une plateforme de recyclage de métaux, la valeur du stock se compte en centaines de milliers d'euros et l'inventaire se fait le plus souvent à l'œil, depuis la cabine d'une chargeuse. À cela s'ajoutent deux questions que l'exploitant traîne d'une visite d'inspection à l'autre : l'emprise réellement exploitée correspond-elle à la surface pour laquelle le site est déclaré ou enregistré, et où va l'eau de pluie qui traverse un tas de ferraille avant de rejoindre le réseau ? Voici ce qu'un vol de drone documente sur ce type de site, ce qu'il ne remplace pas, et les prix.

Publié le 26 août 2026, relu le 29 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.

Négoce de métaux, centre de tri, broyeur : quelle rubrique ICPE pour quelle activité

Un négoce de métaux, une plateforme de transit de ferrailles, un centre de tri et de préparation de déchets métalliques relèvent en France de la rubrique ICPE 2713 : transit, regroupement, tri ou préparation en vue de réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux, d'alliage de métaux ou de déchets d'alliage de métaux non dangereux. La rubrique exclut expressément quatre voisines, dont la 2712, celle des centres de véhicules hors d'usage, que nous traitons dans un guide dédié à l'inspection par drone d'un centre VHU : un site qui dépollue et démonte des voitures ne relève pas de la 2713, même s'il vend ensuite de la ferraille. Particularité qui change tout pour la conduite du site : le critère de classement de la 2713 n'est ni un tonnage ni un volume, mais la surface de l'installation. Entre 100 et 1 000 m², le site relève de la déclaration avec contrôle périodique ; à partir de 1 000 m², il bascule en enregistrement, sans qu'aucun régime d'autorisation n'existe pour cette rubrique. Les prescriptions générales sont fixées, pour les deux régimes, par deux arrêtés du 6 juin 2018 applicables depuis le 1er juillet 2018 et communs aux rubriques 2711, 2713, 2714 et 2716.

Dès qu'une opération de traitement s'ajoute au tri — broyage à ferrailles, cisaillage lourd, découpe au chalumeau à l'échelle industrielle —, le classement se complique et sort du champ de la seule 2713. Une installation de traitement de déchets non dangereux relève de la rubrique 2791, soumise à déclaration en dessous de 10 tonnes traitées par jour et à autorisation au-delà, encadrée en déclaration par l'arrêté du 23 novembre 2011. Si le flux traité comporte des déchets dangereux, c'est la rubrique 2790 qui s'applique, en autorisation. Les grosses lignes de broyage cumulent d'ailleurs souvent plusieurs rubriques sur un même arrêté préfectoral, avec des stockages de résidus de broyage automobile classés à part. L'arrêté du 22 décembre 2023 relatif à la prévention du risque d'incendie couvre à ce titre les installations soumises à autorisation au titre des rubriques 2710, 2712, 2718, 2790 et 2791. Retenez le principe : sur une plateforme de ferrailles, la 2713 encadre la cour et le stock, une autre rubrique encadre la machine.

Cubage photogrammétrique des tas de ferraille et des balles de métaux

Un tas de ferraille est l'objet le plus ingrat qui soit pour un inventaire : forme irrégulière, arêtes vives, angle de talus qui ne ressemble à rien de calculable, densité apparente très variable selon qu'il s'agit de mitraille légère, de ferraille lourde de démolition ou de tournures. L'estimation depuis le sol, à la chargeuse ou au décamètre, donne au mieux un ordre de grandeur. Un levé photogrammétrique par drone restitue un nuage de points et un modèle 3D du stock, dont on extrait un volume par différence avec une surface de référence — la dalle de la cour, relevée une fois pour toutes. La méthode est celle que nous détaillons pour les stocks de granulats dans notre guide sur le calcul de cubatures de stocks par drone et qui relève de notre offre de topographie et photogrammétrie par drone ; elle se transpose directement à une cour de ferrailleur, avec un avantage supplémentaire : personne n'a besoin de monter sur le tas ni de circuler entre les engins.

Cette transposition n'a rien de théorique. Une étude de Grazia Tucci, Antonio Gebbia, Alessandro Conti, Lidia Fiorini et Claudio Lubello, publiée en 2019 dans Remote Sensing, a mesuré par photogrammétrie drone les volumes de stocks de matériaux issus de la collecte sélective et insérés dans la filière de recyclage, en comparant deux configurations de vol — appareil vertical et appareil incliné — à un relevé par scanner laser terrestre pris comme vérité de terrain (voir l'étude sur Google Scholar). Les balles de métaux, elles, se prêtent en plus au comptage automatique sur orthophoto : une pile bien rangée d'aluminium ou d'acier pressé se compte sur image bien plus vite et plus sûrement qu'à la main. Reste la règle d'or, valable pour toute la filière : le passage du mètre cube à la tonne suppose une masse volumique apparente qui n'est jamais constante, et le pont-bascule reste la seule donnée opposable à un acheteur. Le cubage sert à piloter, à inventorier, à documenter un litige ou une déclaration d'assurance — pas à facturer.

Emprise exploitée, hauteur des tas, bardages et clôture : la conformité vue du ciel

Puisque la rubrique 2713 se classe à la surface, l'emprise réellement occupée par les stockages n'est pas un détail d'exploitation : c'est le paramètre qui détermine le régime du site. Or une cour de ferrailleur vit, et une zone d'entreposage a une fâcheuse tendance à s'étendre au fil des mois sur une aire de manœuvre, un délaissé ou la bande périphérique longeant la clôture. Une orthophoto géoréférencée, superposée au plan annexé au dossier de déclaration ou à l'arrêté préfectoral, rend cet écart immédiatement lisible : un contour de stockage à comparer à un contour autorisé, sans interprétation. Refaite une ou deux fois par an selon le même plan de vol, elle constitue une série comparable très utile avant une visite de l'inspection des installations classées, lors d'un changement d'exploitant, ou pour instruire une demande d'extension.

Le modèle 3D issu du même vol apporte une seconde donnée que personne ne mesure spontanément : la hauteur des tas. Les arrêtés du 6 juin 2018 plafonnent en effet la hauteur des entreposages extérieurs à six mètres, et à trois mètres lorsque le dépôt se situe à moins de 100 mètres d'un bâtiment à usage d'habitation — une contrainte que le voisinage d'une plateforme urbaine rend très concrète et qu'un tas de mitraille bien alimenté dépasse sans que personne ne s'en aperçoive. Le même passage documente l'état des bardages du hangar de tri et de la clôture périmétrique : tôles déformées par un choc de grappin, panneaux descellés, sections de clôture couchées ou masquées par un tas qui s'appuie dessus, portail dégradé. Ces vérifications relèvent de notre offre d'inspection de façade par drone et complètent utilement une ronde au sol qui ne voit ni le haut d'un bardage, ni l'arrière d'un tas.

Imperméabilisation, écoulements en cour et ronde thermique : ce que le drone voit et ce qu'il ignore

L'eau de pluie qui traverse un tas de ferraille se charge d'huiles, de particules métalliques et de fines ; c'est pourquoi les arrêtés du 6 juin 2018 imposent que le sol des aires où sont entreposés ou manipulés métaux et déchets de métaux soit étanche et équipé pour recueillir les écoulements, et que le site dispose d'une capacité de rétention des eaux susceptibles d'être polluées, y compris les eaux d'extinction d'un sinistre. Cet enjeu n'a rien de théorique : une étude de P. Blake, C. S. Chamberlain, D. Chambers, B. Clarke et J. Mendham, publiée en 1987 dans Science of the Total Environment, a mesuré au voisinage immédiat de dépôts de ferrailles et de casses automobiles des teneurs élevées en cadmium, cuivre, plomb et zinc, avec un degré de contamination corrélé à la nature des ferrailles traitées (voir l'étude sur Google Scholar). Un survol après une forte pluie objective ce que la topographie de la cour fait réellement de l'eau : flaques persistantes révélant une contre-pente, ravines dans une zone non revêtue, cheminement vers un avaloir mal placé, débordement d'un séparateur d'hydrocarbures, irisation en surface d'un bassin. Le drone n'analyse rien : il cartographie où l'eau va, et fournit à un bureau d'études la base visuelle d'un diagnostic ou d'un projet de reprise de la cour.

La ronde thermique a le même profil : utile, ciblée, et strictement limitée à la surface. Elle repère un tas de résidus de broyage automobile dont la température de surface s'écarte du reste du stock, un foyer couvant qui n'a pas encore percé, un moteur ou un pneu en combustion lente dans une benne, un point chaud sur une armoire électrique extérieure. Ce qu'elle ne voit pas mérite d'être dit sans détour : une batterie au lithium intacte, égarée dans un flux de mitraille, est thermiquement invisible tant qu'elle n'est pas endommagée. Une étude de Terazono, Oguchi, Akiyama, Tomozawa, Hagiwara et Nakayama, publiée en 2024 dans Resources, Conservation & Recycling, a documenté les départs de feu liés aux batteries lithium-ion dans les installations de traitement de déchets japonaises et montré que l'essentiel d'entre eux provient de batteries endommagées par le choc mécanique des équipements de tri (voir l'étude sur Google Scholar) : le risque naît dans la machine, pas dans le tas au repos, comme le détaille notre guide sur la surveillance thermique d'un centre de tri de déchets. La ronde par drone, qui relève de notre offre de thermographie par drone, complète la détection fixe et la surveillance humaine ; elle ne les remplace à aucun moment.

Méthode de mission et prix

La mission tient sur une demi-journée pour une cour courante, une journée pour une plateforme de plusieurs hectares associant hangar de tri et ligne de broyage. Elle démarre par un point avec le responsable d'exploitation ou QHSE : arrêt ou non du grappin et de la chargeuse pendant les passages à basse hauteur, circulation des camions et des semi-remorques, position de la bascule, zones sous tension (lignes aériennes, alimentation d'une cisaille), et point de décollage à l'écart des allées. La coactivité est le vrai sujet sur ce type de site : un grappin en mouvement et un drone ne partagent pas le même volume d'air, et le plan de prévention se règle avant le vol, pas le matin même — notre guide sur la manière d'accueillir une mission drone sur un site industriel détaille cette préparation. Le vol enchaîne ensuite un passage photogrammétrique haute densité sur la cour pour l'orthophoto, le modèle 3D et les cubages, des prises rapprochées en vol manuel sur les bardages, la clôture et les ouvrages de collecte des eaux, puis un passage thermique si la prestation l'inclut, idéalement en fin de journée ou avant le lever du soleil pour maximiser le contraste thermique.

Deux précautions encadrent le devis. Côté aérien, une plateforme de ferrailles se trouve fréquemment en zone d'activité périurbaine, parfois sous une trajectoire d'aérodrome ou à proximité d'une emprise ferroviaire : la zone se vérifie sur Géoportail avant tout engagement, et le vol en agglomération obéit à des règles propres que détaille notre guide sur le vol de drone en ville. Côté contractuel, exigez du prestataire une assurance responsabilité civile professionnelle à jour : sur une cour où évoluent des engins de plusieurs dizaines de tonnes, c'est un prérequis non négociable.

Prix 2026 (HT) : 400 à 800 € pour un cubage ponctuel des tas et un comptage de balles sur une cour de taille courante ; 900 à 1 800 € pour une campagne complète associant orthophoto géoréférencée, modèle 3D, cubage de l'ensemble des stocks, contrôle de l'emprise exploitée et reportage sur bardages et clôture ; 350 à 700 € pour une ronde thermique seule ou une inspection ciblée des ouvrages de collecte des eaux ; 250 à 500 € par passage pour un suivi récurrent mensuel ou trimestriel sur le même plan de vol. Le forfait de déplacement s'ajoute au-delà d'un rayon de 30 à 50 km. Demandez un devis en précisant la surface de la cour, le nombre de tas et de zones de balles à cuber, et l'objectif visé (inventaire, dossier ICPE, litige commercial ou prévention incendie).

Questions fréquentes

Un cubage par drone peut-il servir de preuve dans un litige avec un acheteur de ferraille ?

Il constitue un élément de preuve daté et visuel, pas une mesure contractuelle. La transaction de ferraille se règle au pont-bascule, instrument métrologique réglementé dont la pesée fait foi, et le passage du volume au tonnage suppose une masse volumique apparente qui varie fortement selon la nature du métal, le taux de compaction et la présence d'inertes. Le cubage photogrammétrique reste très utile en amont : il objective l'état d'un stock à une date donnée, avant et après un enlèvement, et documente un écart de rotation que personne ne pourrait démontrer autrement. C'est une pièce de dossier, pas un ticket de pesée.

Le drone permet-il de vérifier que je respecte la surface pour laquelle je suis classé en 2713 ?

Il en donne une image mesurable et datée, ce qui est déjà beaucoup. Une orthophoto géoréférencée superposée au plan de l'arrêté préfectoral ou du dossier de déclaration montre immédiatement si un tas déborde sur une parcelle voisine, si une zone d'entreposage s'est étendue au fil des mois sur une aire prévue pour la circulation, ou si un stockage a été improvisé hors de l'emprise. La surface réglementaire reste définie par le dossier ICPE et son plan, pas par le drone : l'appareil documente l'écart apparent, l'analyse juridique revient à l'exploitant et à son conseil.

La caméra thermique détecte-t-elle une batterie lithium égarée dans un flux de métaux ?

Non, et c'est une limite qu'il faut poser clairement. Une batterie au lithium intacte, enfouie dans un tas de ferraille ou passée dans une benne de mitraille, ne présente aucune signature thermique tant qu'elle n'est pas en emballement. Le drone lit une température de surface : il repérera un point chaud déjà installé — fermentation d'un tas de résidus de broyage, foyer couvant en surface, moteur ou pneu en combustion lente — mais pas un risque latent au cœur d'un stock. La prévention passe par le tri à la réception, la séparation des flux susceptibles de contenir des accumulateurs et la détection fixe ; la ronde thermique n'en est que le complément visuel.

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