C‑DRONE
Vagues sur une plage de sable vues du ciel

GUIDE C-DRONE · 7 SEPTEMBRE 2026

Drone et kiwi de l'Adour : détecter le Psa avant les symptômes, gérer le gel, prix

Le kiwi de l'Adour n'est pas une culture anodine : à elle seule, l'IGP réunit environ 350 producteurs sur près de 1 000 ha, dans un Sud-Ouest qui pèse 75 % de la production française. Cette filière vit depuis juillet 2010 avec le Psa, une bactériose qui a justifié un plan de surveillance national et qui ne montre souvent ses premiers signes qu'une fois l'infection bien installée. Elle vit aussi, chaque printemps, avec un risque que peu d'autres fruitiers connaissent dans les mêmes proportions : l'actinidia ne fleurit qu'une seule fois par saison, et un bourgeon brûlé par le gel ne donnera aucun fruit sur ce sarment. Voici ce qu'un relevé aérien apporte, concrètement, à un producteur ou une coopérative de la vallée de l'Adour.

Publié le 7 septembre 2026, relu le 11 septembre 2026 — réglementation en vigueur en septembre 2026.

Une filière concentrée dans le Sud-Ouest, sous surveillance sanitaire depuis 2010

La France est le 3e producteur européen de kiwis, avec environ 1 150 producteurs sur 3 777 ha pour 51 000 t récoltées en 2024 (Chambres d'agriculture France, ministère de l'Agriculture). Le cœur historique de la filière se trouve dans les Landes et la vallée de l'Adour, où la culture s'est implantée il y a environ un demi-siècle : l'IGP Kiwi de l'Adour, portée notamment par la coopérative Sikig, rassemble aujourd'hui environ 350 producteurs sur près de 1 000 ha, pour une production estimée à 6 500 t en 2024. Le Sud-Ouest — Nouvelle-Aquitaine et Occitanie réunies — représente à lui seul 75 % de la production nationale.

Cette concentration géographique porte un revers : la filière vit depuis juillet 2010 avec le Psa (Pseudomonas syringae pv. actinidiae), la bactériose du kiwi, aujourd'hui présente dans la quasi-totalité des bassins de production français. Un plan de surveillance national a été mis en place dès 2011 par les services de l'État en lien avec la filière, complété par une surveillance organisée directement par les producteurs (Sénat, question écrite n° 07083 de 2013 ; FREDON Occitanie). Pour un exploitant de la vallée de l'Adour, cette double réalité — une production concentrée à haute valeur et un pathogène sous surveillance permanente — change la donne : repérer un foyer tôt, avant qu'il ne se propage au verger voisin, pèse directement sur le résultat de la campagne.

Le Psa, une bactérie qui ne montre ses symptômes qu'une fois l'infection installée

Le Psa se traduit par des chancres sur le bois, un exsudat rougeâtre caractéristique et un flétrissement des rameaux, mais ces signes apparaissent le plus souvent une fois la bactérie déjà bien installée dans les tissus — d'où l'intérêt d'un outil qui objective une hétérogénéité de vigueur avant qu'elle ne devienne visible à l'œil en bout de rang. Une étude publiée en 2022 dans la revue Plants par une équipe portugaise menée par Mafalda Reis-Pereira a évalué, sur des vergers réels, un modèle d'apprentissage automatique capable de diagnostiquer la bactériose du kiwi à partir de la seule signature spectrale du feuillage : le modèle retenu, combinant une sélection de variables pas à pas et un classifieur à vecteurs de support, atteint 85 % de précision globale (voir l'étude sur Google Scholar).

La transposition à un relevé drone multispectral n'a pas la même résolution spectrale qu'un capteur hyperspectral de laboratoire, mais le principe reste directement exploitable : un passage régulier sur le verger, en particulier en sortie d'hiver et après un épisode de vent ou de grêle — deux circonstances qui favorisent la pénétration de la bactérie par blessure —, permet de situer les zones où la vigueur décroche par rapport au reste de la parcelle. Le drone ne remplace à aucun moment le diagnostic de laboratoire — seule une analyse PCR confirme la présence du Psa —, mais il transforme une tournée pédestre aléatoire en un plan d'échantillonnage ciblé : au lieu de contrôler des rangs au hasard, l'exploitant ou le technicien FREDON envoie l'échantillon là où l'imagerie a repéré un décrochage, avec des semaines d'avance sur l'apparition du chancre visible.

Vigueur de la canopée et pieds manquants : ce qu'un modèle de surface révèle

Au-delà du Psa, un relevé photogrammétrique classique livre un modèle de surface de la treille : une donnée qui, en verger de kiwi, se lit directement en hauteur et en volume de canopée par pied. Une étude publiée en 2019 dans l'International Journal of Agricultural and Biological Engineering par Jinya Xue et ses coauteurs a montré qu'un modèle de surface numérique construit à partir d'images RVB de drone permet d'évaluer la vigueur de la canopée plante par plante et de repérer les pieds affaiblis ou manquants (voir l'étude sur Google Scholar). Sur une treille de kiwi, où chaque pied manquant ou en déclin représente une perte de production directe sur plusieurs années — le temps qu'un jeune plant retrouve la vigueur d'un pied adulte —, cette lecture à l'échelle du pied a une valeur opérationnelle immédiate : elle situe précisément où replanter, où renforcer la fertilisation, ou où investiguer une cause sanitaire.

Ce même passage sert aussi la gestion de l'irrigation : le kiwi est une culture exigeante en eau, et une carte de vigueur multispectrale, croisée au modèle de surface, distingue une baisse de vigueur liée à un stress hydrique localisé d'une baisse liée à un foyer sanitaire — deux diagnostics qui n'appellent pas la même réponse. Le choix du capteur, multispectral pour la vigueur et RGB haute résolution pour un comptage de pieds ou un contrôle visuel rapide, suit la même logique que celle détaillée dans notre guide sur la caméra multispectrale ou RGB sur un drone agricole. En fin de saison, un passage RGB dédié au comptage des fruits complète naturellement ce suivi : la méthode est détaillée dans notre guide sur l'estimation du rendement d'un verger par drone.

Le gel de printemps : une seule floraison, une seule chance — méthode et prix 2026

Le risque propre à l'actinidia tient à sa biologie : contrairement à des fruitiers capables de compenser partiellement une perte de fleurs par une nouaison secondaire, le kiwi ne fleurit qu'une seule fois par saison. Un bourgeon brûlé par le gel ne produira ni feuille ni fleur — donc aucun fruit sur ce sarment cette année-là. Les dégâts apparaissent dès -1 à -3 °C sur les bourgeons, et dès -0,5 °C sur les jeunes fruits déjà noués (ephytia INRAE). Dans le Sud-Ouest et la vallée de l'Adour, la parade la plus répandue reste l'aspersion sur bourgeon : l'eau qui gèle en surface libère une chaleur latente qui maintient le bourgeon autour de 0 °C, une protection qui évite les dégâts la quasi-totalité du temps selon les retours de la filière (SCAAP Kiwifruits).

Un drone thermique intervient à deux moments du même risque : avant la nuit de gel, une cartographie thermique du verger situe les poches d'air froid — bas-fonds, zones abritées du vent — où concentrer l'aspersion ou toute autre protection active, sur le même principe que celui détaillé dans notre guide sur le gel de printemps en vigne et verger ; après le gel, un passage thermique et multispectral objective l'étendue réelle des dégâts, parcelle par parcelle, pour construire un dossier d'assurance récolte étayé plutôt qu'une estimation visuelle contestable.

Ordres de grandeur constatés en France en 2026, hors taxes :

PrestationOrdre de grandeur (HT, 2026)
Passage multispectral de repérage précoce (vigueur, foyers suspects) sur une exploitation450 à 950 €
Suivi saisonnier (3 à 4 passages : sortie d'hiver, floraison, avant récolte)1 300 à 2 900 €
Modèle de surface et comptage des pieds manquants ou affaiblis550 à 1 200 €
Cartographie thermique de nuit de gel (avant) ou d'expertise des dégâts (après)350 à 750 €

Ces montants couvrent le vol, le traitement des images et la livraison des cartes ; ils n'incluent ni l'analyse PCR de confirmation du Psa, ni le traitement de protection contre le gel. Pour une exploitation de kiwis dans l'Adour ou ailleurs en France, demandez un devis en précisant la surface à couvrir, la fréquence de passage souhaitée dans la saison et si un suivi Psa est en place avec la FREDON de votre région — notre page sur l'agriculture de précision par drone détaille la méthode pour l'ensemble des cultures.

Demander un devis gratuit

À lire aussi