C‑DRONE
Coteaux de vignes vus du ciel sous un ciel changeant

GUIDE C-DRONE · 10 AOÛT 2026

Repérage des nids de chenilles processionnaires par drone : obligation 2022 et prix

Une procession de chenilles brunes et velues traversant une cour d'école, une allée de camping ou un chemin de randonnée suffit à alerter n'importe quel gestionnaire de site : celles du pin comme celles du chêne portent des poils urticants capables de provoquer, au contact ou par simple inhalation, des réactions cutanées, oculaires et parfois respiratoires sévères — une étude de Vega, Vega et Moneo publiée en 2011 dans Actas Dermo-Sifiliográficas détaille ces manifestations cliniques chez l'humain. Depuis le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, les deux espèces figurent parmi les nuisibles à la santé humaine au sens de l'article L. 1338-1 du code de la santé publique, ce qui permet aux préfets d'imposer une lutte aux propriétaires, locataires et gestionnaires de terrains infestés. Repérer chaque nid avant qu'il n'arrive à maturité — de préférence en hiver, quand il se détache nettement sur un pin ou une ramure de chêne dénudée — reste la première étape de cette lutte. Voici ce que recouvre cette obligation, ce qu'un repérage aérien par drone permet de documenter, et ce que cela coûte en 2026.

Publié le 10 août 2026, relu le 10 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.

Un nuisible classé « à risque pour la santé humaine » depuis 2022

La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et celle du chêne (Thaumetopoea processionea) tissent, à l'automne, un nid de soie blanchâtre bien visible à l'extrémité des branches, où les chenilles se regroupent le jour avant de sortir la nuit se nourrir des aiguilles ou des feuilles. Le décret n° 2022-686 du 25 avril 2022, pris en application de l'article L. 1338-1 du code de la santé publique, a ajouté les deux espèces à la liste des organismes dont la prolifération est nuisible à la santé humaine (article D. 1338-1 du même code). Cette inscription donne aux préfets la possibilité de prendre des arrêtés délimitant une zone géographique, un calendrier d'intervention et les méthodes de lutte autorisées, que les propriétaires, locataires, exploitants et gestionnaires de terrains infestés sont alors tenus d'appliquer dans les délais fixés — une obligation qui concerne en premier lieu les communes pour leurs espaces verts, écoles et voiries plantées de pins ou de chênes, mais aussi les campings, golfs et copropriétés.

Le risque tient aux poils urticants microscopiques que les chenilles libèrent dès qu'elles se sentent menacées, capables de se disperser au vent sur plusieurs dizaines de mètres autour du nid. Une étude de Vega, Vega et Moneo publiée en 2011 dans Actas Dermo-Sifiliográficas passe en revue les manifestations cliniques observées après exposition : éruption cutanée prurigineuse dans l'heure suivant le contact, conjonctivite en cas de projection dans l'œil, et plus rarement des atteintes des voies respiratoires supérieures après inhalation (voir l'étude sur Google Scholar). Selon cette même étude, la contamination survient majoritairement en forêt de pins, avec un pic entre mars et mai — la période où les chenilles matures quittent le nid pour aller s'enfouir dans le sol avant leur transformation en papillon, dispersant alors le plus grand nombre de poils urticants. Ce risque touche aussi bien les usagers du site — enfants dans une cour d'école, vacanciers sous les pins d'un camping — que les animaux domestiques, dont le museau et la langue sont particulièrement exposés lors du reniflement d'une chenille au sol.

Pourquoi le repérage au sol trouve vite ses limites

Un nid de processionnaire du pin se construit le plus souvent en périphérie du houppier, parfois à plus de quinze mètres de hauteur sur un grand pin, et se confond avec le feuillage tant que l'arbre reste vert — seul l'hiver, quand la densité d'aiguilles diminue ou que le chêne perd ses feuilles, le nid blanc se détache nettement. Une tournée pédestre, jumelles au poing, atteint vite ses limites : elle couvre difficilement un grand alignement de bord de route, un espace vert de plusieurs hectares ou une pinède entière, et laisse fréquemment des nids invisibles depuis le sol, notamment ceux construits au sommet du houppier ou sur la face opposée au chemin d'observation.

Une étude de Garcia, Samalens, Grillet, Soares, Branco, van Halder, Jactel et Battisti publiée en 2023 dans la revue NeoBiota a testé deux méthodes de détection automatique par apprentissage profond (R-CNN et YOLO) sur des images aériennes par drone, dans trois configurations de peuplement forestier du sud de l'Europe : l'algorithme YOLO obtient les meilleurs résultats, et les auteurs concluent que le drone permet de documenter la présence d'au moins un nid par arbre avec une fiabilité que l'observation au sol seule n'atteint pas (voir l'étude sur Google Scholar). Survolé à quelques mètres du houppier, un drone équipé d'une caméra donne un point de vue que ni la tournée pédestre ni la photo depuis le sol ne permettent d'obtenir sur un site étendu.

Ce qu'apporte un repérage par drone : comptage, géolocalisation, cartographie

Le vol suit un plan de survol de l'alignement d'arbres, du bois ou de l'espace vert concerné, à une distance et une hauteur ajustées pour distinguer un nid du feuillage environnant — idéalement entre novembre et février, quand les nids ont atteint leur taille définitive et se détachent le mieux. Chaque nid repéré est géolocalisé et reporté sur une carte du site, avec une estimation de sa taille et de sa hauteur dans l'arbre ; ce comptage géoréférencé peut être comparé d'une année sur l'autre pour suivre l'évolution de l'infestation et prioriser les secteurs à traiter en premier. Cette logique de repérage avant intervention rejoint celle de notre guide sur la détection des nids de frelons asiatiques par drone : dans les deux cas, le drone documente l'ampleur du problème avant qu'un professionnel n'intervienne au sol, sans jamais se substituer au traitement lui-même.

Sur un patrimoine arboré communal déjà cartographié — voir notre guide sur l'inventaire du patrimoine arboré par drone —, ce repérage vient enrichir la fiche de chaque arbre d'un indicateur de risque sanitaire supplémentaire, aux côtés du diagnostic de risque de chute déjà suivi par certaines collectivités. Pour un établissement scolaire, ce repérage peut aussi se combiner avec un survol déjà prévu au printemps pour d'autres besoins, comme le décrit notre guide sur l'audit thermique de cour d'école, réduisant d'autant le nombre de vols nécessaires sur le même site. Le rapport livré au gestionnaire liste les nids détectés, leur localisation précise et leur accessibilité, de quoi transmettre un dossier exploitable à l'entreprise d'échenillage ou de lutte biologique qui interviendra ensuite — pose de pièges à phéromone, écopièges autour du tronc ou traitement biologique au Bacillus thuringiensis selon la période et la réglementation locale.

Cadre de vol et prix en 2026

Ces missions se déroulent le plus souvent en catégorie ouverte, après vérification de la carte Géoportail des zones réglementées — cour d'école, espace vert communal, camping ou bord de route ne posent en général pas de contrainte aérienne particulière au-delà des règles habituelles de hauteur et de distance aux tiers. Le survol d'une cour d'école ou d'un camping en activité justifie néanmoins d'informer au préalable l'établissement ou l'exploitant, ne serait-ce que pour caler le créneau de vol en dehors des heures de forte fréquentation. Comme pour toute prestation professionnelle, une assurance drone tous risques couvre le télépilote en cas d'incident au-dessus d'un site fréquenté par du public.

Fourchettes constatées en 2026 (HT), selon la surface couverte et le nombre d'arbres à examiner :

PrestationTarif constaté (HT)
Repérage ponctuel (cour d'école, alignement de bord de route jusqu'à 30 arbres)150 à 350 €
Cartographie d'un espace vert ou petit bois communal350 à 700 €
Suivi pluriannuel (plusieurs passages, comparaison d'une année sur l'autre)tarif dégressif par passage, sur devis
Campagne multi-sites pour une collectivité (plusieurs écoles, parcs)tarif dégressif de 10 à 20 % par site

Demandez un devis en précisant la surface à couvrir, le nombre d'arbres concernés et la période souhaitée.

Le drone traite-t-il aussi les nids repérés ? Non : la prestation documente et géolocalise les nids ; le traitement (échenillage, piégeage, lutte biologique) reste réalisé au sol par une entreprise spécialisée.

Un propriétaire peut-il être obligé d'intervenir ? Oui, dès qu'un arrêté préfectoral zoné s'applique à son terrain : le décret de 2022 permet au préfet d'imposer un délai et une méthode de lutte aux propriétaires, locataires et gestionnaires concernés.

Quelle est la meilleure période pour un repérage ? L'hiver, de novembre à février, quand les nids ont atteint leur taille définitive et se détachent le mieux sur le feuillage ou les branches nues — avant la descente des chenilles au sol en fin d'hiver, période où le risque urticant est le plus élevé.

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