GUIDE C-DRONE · 5 AOÛT 2026
Cartographier les échouages d'algues vertes par drone sur le littoral : méthode, ramassage, prix
Chaque été, les plages de la baie de Saint-Brieuc, de la baie de Douarnenez ou de Locquirec voient revenir la même image : des tapis d'algues vertes échoués sur plusieurs kilomètres, que la commune doit ramasser avant qu'ils ne pourrissent et dégagent de l'hydrogène sulfuré, un gaz toxique. Estimer au jugé, depuis la digue, la surface et le volume à traiter sous-évalue presque toujours l'ampleur réelle d'un échouage — surtout sur un estran large où les nappes s'étendent bien au-delà de ce que l'œil embrasse à marée basse. Le drone survole en quelques minutes ce qu'une équipe mettrait une heure à parcourir à pied, et transforme un constat approximatif en une carte datée, mesurable d'une marée à l'autre. Voici ce qu'il apporte à un service technique municipal ou à un syndicat de bassin versant, et ce qu'il coûte en 2026.
Publié le 5 août 2026, relu le 29 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.
Ce que le drone cartographie sur l'estran
Un vol orthophoto classique, à marée basse, suffit déjà à détourer précisément les nappes échouées : leur surface totale, leur répartition sur l'estran, et leur progression ou leur recul d'une marée à l'autre par simple comparaison de deux cartes datées. Pour aller plus loin, un passage au sol sur quelques placettes — épaisseur mesurée à la règle, densité du tapis — permet de convertir la surface cartographiée en volume estimé, la donnée qui dimensionne réellement le chantier de ramassage (nombre de rotations de camions, godets nécessaires).
Un capteur multispectral apporte un raffinement utile : il distingue les algues fraîchement échouées des tapis en décomposition avancée, dont la signature spectrale change avec le jaunissement puis le noircissement. La classification automatisée de ce type de couverture littorale, par imagerie drone multispectrale et algorithmes de classification, a été démontrée par l'équipe de Román, Tovar-Sánchez, Olivé et Navarro dans une étude de 2021 publiée dans Frontiers in Marine Science, appliquée au suivi des macrophytes marins du parc naturel de la baie de Cadix (voir l'étude sur Google Scholar). Une carte d'ancienneté de ce type oriente directement les équipes de ramassage vers les zones les plus urgentes — celles où la décomposition, et donc le dégagement de gaz, est le plus avancé.
Dimensionner le ramassage et documenter le risque sanitaire
Le ramassage des algues vertes relève de la compétence des communes ou de leurs groupements ; l'État finance à 100 % le coût du ramassage supporté par les collectivités et à 50 % leur traitement, dans le cadre du troisième Plan de lutte contre les algues vertes (PLAV 3, 2022-2027, doté de 130 millions d'euros). Une carte drone datée sert directement ce circuit : elle justifie objectivement les volumes facturés et les demandes de subvention, et remplace un constat verbal difficilement vérifiable a posteriori.
Le second apport est sanitaire. La décomposition des algues échouées dégage de l'hydrogène sulfuré (H2S), un gaz dont plusieurs incidents graves ont été recensés sur le littoral breton — un risque documenté par les autorités sanitaires, en particulier dans les poches d'algues piégées derrière un cordon dunaire ou un enrochement, là où le gaz stagne. Le drone permet de repérer ces poches d'accumulation ancienne avant l'intervention humaine et d'orienter le balisage ou l'interdiction d'accès sans exposer un agent à une reconnaissance au sol dans la zone la plus concentrée.
Suivie d'une saison à l'autre, la même méthode alimente aussi les indicateurs locaux du PLAV 3 : à l'échelle bretonne, les surfaces d'échouages ont reculé de moitié entre 2021 et 2025, une tendance qu'une commune ou un syndicat peut objectiver sur son propre linéaire de plage plutôt que de s'en remettre au seul bilan régional.
Ce que le drone ne fait pas, et le cadre de vol sur le littoral
Le drone cartographie un phénomène de surface : il ne mesure ni les teneurs en nitrates des cours d'eau qui alimentent la prolifération, ni la qualité agronomique des pratiques du bassin versant amont — le volet préventif du PLAV 3 (110 millions d'euros sur les 130, et des arrêtés préfectoraux attendus au 1er septembre 2026 pour les exploitations agricoles hors objectifs des bassins versants prioritaires). Sur ce terrain agricole, c'est le drone de l'agriculture de précision qui intervient, mais en amont sur les parcelles, pas sur l'estran.
Le vol lui-même relève le plus souvent de la catégorie ouverte, sous-catégorie A2 ou A3 selon la fréquentation de la plage. Beaucoup de sites d'échouage bretons — vasières, dunes, baies classées — sont en outre des zones Natura 2000 ou réserves naturelles, ce qui impose une autorisation d'accès distincte de l'autorisation de vol, en particulier en période de nidification. Comme pour toute mission littorale, la vérification préalable sur la carte Géoportail, l'enregistrement de l'exploitant sur AlphaTango et une assurance responsabilité civile professionnelle restent indispensables — voir aussi notre guide sur le vol de drone à la plage pour les règles qui s'appliquent à un usage individuel plutôt qu'à une mission communale.
Prix constatés en 2026
Ordres de grandeur constatés en France en 2026 (HT) :
- Vol de constat ponctuel (une plage, orthophoto + surface et volume estimés) : 350 à 700 €.
- Vol avec capteur multispectral (carte d'ancienneté, repérage des poches à risque H2S) : 600 à 1 200 €.
- Suivi saisonnier (passages réguliers de mai à septembre, plusieurs plages en tournée groupée) : sur devis selon le linéaire de côte et la fréquence, avec tarif dégressif par site pour un syndicat mixte ou une communauté de communes couvrant plusieurs communes littorales.
Cette prestation s'appuie sur notre offre topographie et photogrammétrie par drone : demandez un devis en indiquant le linéaire de plage concerné, la fréquence de suivi souhaitée et si un capteur multispectral est nécessaire.