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GUIDE C-DRONE · 13 SEPTEMBRE 2026

Pois protéagineux et drone : cartographie de la vigueur, de la verse et de l'aphanomyces, prix

En 1993, la France récoltait 700 000 hectares de pois protéagineux ; en 2025, à peine 98 000 hectares, une deuxième année de recul consécutif selon Terres Univia. Le principal responsable porte un nom que beaucoup d'exploitants connaissent trop bien : l'aphanomyces, un pathogène du sol qui s'installe pour des décennies et a poussé la culture à migrer d'une partie du Bassin parisien vers des terres plus au sud. Le pois reste pourtant une pièce du Plan protéines végétales — la France ne couvrant que 56 % de ses besoins en matières riches en protéines pour l'alimentation animale. Sur cette culture aux tiges cassantes et au feuillage discret, un vol drone multispectral ou thermique documente ce que l'œil peine à voir tôt : une perte de vigueur localisée, un stress hydrique en formation de gousses, une zone de verse avant moisson — sans jamais remplacer le diagnostic de sol qui, seul, confirme ou écarte l'aphanomyces.

Publié le 13 septembre 2026, mis à jour le 22 septembre 2026 — réglementation en vigueur en septembre 2026.

Le pois protéagineux, une culture en chute depuis trente ans

La chute est vertigineuse. Selon Agro Matin, qui cite Adrien Dupuy, administrateur de la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (Fop), la France a récolté 700 000 hectares de pois en 1993 ; la sole nationale plafonne aujourd'hui à une fraction de ce niveau historique. Les chiffres de Terres Univia, l'interprofession des huiles et protéines végétales, confirment un décrochage récent et continu : 150 000 ha en 2023, 124 000 ha en 2024, puis 98 000 ha en 2025 — une deuxième année consécutive de recul. Deux causes se combinent : la suppression, en 1995, des aides aux fabricants d'aliments du bétail qui privilégiaient jusque-là les protéagineux français, et l'installation progressive de l'aphanomyces (Aphanomyces euteiches), un oomycète du sol qui provoque le pourrissement des racines et dont les spores de résistance survivent plus d'une décennie dans une parcelle contaminée. Une fois le sol infesté, la seule parade reconnue par Terres Inovia est d'arrêter le pois sur cette parcelle pendant de longues années — ce qui a poussé la culture à reculer dans le Bassin parisien pour se redéployer sur des terres plus au sud, moins touchées.

Le rendement, lui, se redresse : la campagne 2025 affiche un rendement moyen national de 35,6 q/ha, contre 27,9 q/ha en 2024, avec des pois d'hiver dépassant localement 65 q/ha et des pois de printemps autour de 40 q/ha en moyenne — assez pour maintenir la production totale à 349 000 tonnes, un niveau comparable à 2024 malgré la baisse de surface. Cette culture reste pourtant stratégique : elle fait partie des espèces ciblées par le Plan protéines végétales, lancé fin 2020, qui vise à réduire une dépendance aux protéines importées — la France ne couvre aujourd'hui que 56 % de ses besoins en matières riches en protéines pour l'alimentation animale. Contrairement au soja, dont le recul tient surtout à un problème de compétitivité économique, le pois affronte un obstacle agronomique persistant : une maladie du sol qu'aucun drone ne peut diagnostiquer à lui seul.

Ce qu'un vol drone apporte sur une parcelle de pois : levée, vigueur, verse

Le pois protéagineux cumule plusieurs fragilités que la cartographie aérienne aide à objectiver. À la levée, un comptage par drone RGB à basse altitude repère les manques et les zones de resemis nécessaires bien plus vite qu'un relevé au pas — la même méthode que celle détaillée pour le maïs et la betterave dans notre guide sur le comptage de levée et de densité de semis par drone, directement transposable au pois. En cours de végétation, un vol multispectral (NDVI ou indices dérivés) cartographie la vigueur du couvert et repère les zones qui décrochent avant que le symptôme soit visible depuis la bordure du champ — un signal précieux pour cibler une observation de sol ou de racines à l'endroit précis où la vigueur chute. Un vol thermique, en parallèle, documente le stress hydrique en formation de gousses, la période où le pois de printemps est le plus sensible à un manque d'eau, même sur des parcelles conduites en sec.

Le pois a aussi la particularité d'avoir des tiges fines et cassantes : la verse, l'affaissement du couvert avant récolte sous l'effet du vent, de la pluie ou simplement du poids des gousses, touche la quasi-totalité des parcelles à des degrés divers et complique sérieusement le passage de la moissonneuse-batteuse. Une cartographie drone réalisée dans les jours précédant la récolte permet de délimiter précisément les zones versées, d'adapter la vitesse d'avancement et la hauteur de coupe secteur par secteur, et de documenter objectivement l'ampleur du phénomène pour un dossier d'assurance si la verse est liée à un épisode climatique — une logique déjà détaillée pour le lin textile, une autre culture à tige où la verse conditionne directement la valeur de la récolte.

Ce que montre — et ne montre pas encore — la recherche sur drone et aphanomyces du pois

La recherche sur l'aphanomyces progresse, mais à une échelle qui n'est pas encore celle du drone en plein champ sur pois. Une équipe américaine menée par Milton Valencia-Ortiz, Rebecca J. McGee et Sindhuja Sankaran a publié en 2025 dans Physiological and Molecular Plant Pathology une étude d'imagerie hyperspectrale sur des plants de pois inoculés en conditions hydroponiques : la réponse spectrale des feuilles et des racines change dès les premiers jours après l'inoculation, avant tout symptôme visible (voir l’étude). C'est une preuve de principe solide, mais elle reste mesurée en laboratoire, sur des plantes isolées — rien n'indique encore qu'un capteur porté par drone à plusieurs dizaines de mètres d'altitude capte un signal aussi net sur un couvert entier au champ.

La preuve la plus proche d'un usage réel vient d'une culture voisine, la lentille — sensible au même pathogène. Une équipe menée par Afef Marzougui, Yu Ma, Chongyuan Zhang, Rebecca J. McGee, Clarice J. Coyne et Dorrie Main, publiée en 2019 dans Frontiers in Plant Science, a combiné imagerie RGB et hyperspectrale en serre avec, fait notable, une imagerie multispectrale embarquée sur drone au champ pour évaluer la résistance à l'aphanomyces de 173 lignées de lentille — avec des corrélations modérées à fortes entre les indices extraits et les notations visuelles de sévérité (voir l’étude). Sur la verse, enfin, une équipe canadienne d'Agriculture et Agroalimentaire Canada menée par Shubham Subrot Panigrahi et ses collègues, publiée en 2025 dans Sensors, a combiné LiDAR et imagerie multispectrale par drone pour estimer la hauteur, la verse et le rendement en graines du haricot sec — une légumineuse différente, mais une méthode directement transposable à la cartographie de verse sur pois avant moisson.

Ce qu'un drone ne décide jamais, et prix 2026

Le point d'honnêteté. L'aphanomyces est une maladie du sol, pas du feuillage : ses spores de résistance vivent dans la terre, hors de portée de toute caméra aérienne. Le seul diagnostic fiable avant implantation reste un test de sol en laboratoire (bio-test ou analyse PCR, proposés notamment par Terres Inovia et des laboratoires spécialisés), qui mesure le potentiel infectieux d'une parcelle avant d'y ressemer du pois. Un drone peut orienter cette démarche — une carte de vigueur qui montre une zone en dépérissement dans une parcelle à l'historique douteux donne une bonne raison d'y prélever un échantillon — mais il ne remplace jamais l'analyse elle-même, ni la décision de rotation qui en découle. Il ne mesure pas non plus la réserve en eau du sol en profondeur, ni le taux de protéines du grain, deux paramètres qui restent du ressort de l'agronome et du laboratoire d'analyse de grains.

Ordres de grandeur constatés en France en 2026, hors taxes :

PrestationPrix constaté (HT)
Comptage de levée et détection des manques (jusqu'à 20 ha)250 à 500 €
Cartographie de vigueur multispectrale, un passage en végétation300 à 600 €
Vol thermique de stress hydrique en formation de gousses300 à 600 €
Cartographie de la verse avant récolte250 à 500 € par sortie
Forfait combiné levée + vigueur + verse sur une campagne700 à 1 300 € selon surface

Ces missions s'appuient sur notre offre agriculture de précision par drone ; les informations réglementaires de cette page reflètent la réglementation en vigueur en septembre 2026. Si la verse ou un dépérissement font suite à un épisode climatique reconnu, le même relevé peut nourrir un dossier constitué selon notre guide sur l'assurance récolte et le dossier d'indemnisation après sinistre climatique. Demandez un devis en précisant la surface, le type de pois (hiver ou printemps) et l'objectif prioritaire — levée, vigueur, stress hydrique ou verse.

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