GUIDE C-DRONE · 23 AOÛT 2026
Renouvellement des attestations théoriques de télépilote (A1/A3, A2, CATS) : la règle des cinq ans
Cinq ans après avoir réussi le test A1/A3, le certificat A2 ou l'examen CATS de catégorie spécifique, un télépilote français n'est plus en règle sans avoir jamais raté une session : la date d'échéance suffit. Cette règle des cinq ans, commune aux trois voies d'accès à la théorie aéronautique du drone, prend souvent au dépourvu une entreprise ou un salarié pilote, faute d'être rappelée une fois le premier examen réussi. Voici ce que chaque certificat impose, pourquoi la DGAC exige ce recyclage périodique, comment le renouveler, et ce qu'une entreprise qui emploie ou fait travailler un télépilote doit surveiller pour ne jamais se retrouver bloquée la veille d'une mission.
Publié le 23 août 2026, relu le 23 août 2026 — réglementation en vigueur en août 2026.
Trois certificats distincts, la même règle des cinq ans
Trois voies donnent accès à la théorie aéronautique du télépilote, et toutes les trois partagent depuis l'harmonisation européenne la même durée de validité : cinq ans à compter de la date de réussite. La formation A1/A3 — cours en ligne suivi d'un test, gratuit et accessible à tout exploitant enregistré — ouvre l'essentiel des usages en catégorie ouverte : photo, vidéo, inspection en zone dégagée, décrite dans notre guide formation A1/A3 et brevet A2. Le certificat A2, passé en centre agréé après une auto-formation pratique déclarée sur l'honneur, autorise le vol à proximité immédiate de tiers non impliqués. Le CATS, examen surveillé en centre DGAC (salle OCEANE), conditionne l'accès aux scénarios standard européens STS-01 et STS-02 — vols en agglomération ou hors vue directe —, détaillé dans notre guide examen théorique CATS.
Aucun de ces trois documents n'est valable indéfiniment : à la date anniversaire des cinq ans, le télépilote qui n'a pas repassé l'épreuve correspondante n'est plus autorisé à exercer dans la catégorie ou le scénario concerné, quelle que soit l'ancienneté de son expérience de vol.
Pourquoi ce recyclage : la théorie s'oublie plus vite que le geste
Cette échéance n'est pas arbitraire. Une méta-analyse de référence sur la rétention des compétences, publiée en 1998 dans la revue Human Performance par Winfred Arthur, Winston Bennett, Pamela Stanush et Theresa McNelly, à partir de 53 études et 189 mesures indépendantes, montre que les tâches cognitives, déclaratives et fondées sur la précision — comme retenir une réglementation aérienne, une classification d'espaces ou des procédures d'urgence — se dégradent nettement plus vite avec le non-usage que les tâches physiques ou motrices répétées régulièrement (voir l'étude sur Google Scholar). C'est précisément le profil du programme théorique du télépilote : zones interdites, catégories d'aéronefs, phénomènes météorologiques locaux, gestion d'une perte de liaison — un savoir que la pratique quotidienne du pilotage n'entretient pas automatiquement, à la différence du geste de décollage ou de la lecture d'un plan de vol.
Un télépilote qui vole chaque semaine garde son aisance manuelle intacte ; sa connaissance précise d'un arrêté ou d'une zone temporairement réglementée, elle, s'estompe avec les années si rien ne la remet à l'épreuve. Le recyclage périodique cible exactement ce point faible plutôt que d'imposer une nouvelle évaluation en vol.
Renouveler : repasser l'examen, sans procédure allégée
Ni l'EASA ni la DGAC n'ont à ce jour formalisé de parcours de renouvellement distinct de l'examen initial : la seule voie établie consiste à repasser l'épreuve correspondante avant l'échéance des cinq ans. Pour l'A1/A3, l'exercice est rapide et gratuit : le test en ligne peut être retenté à tout moment, sans limite de nombre de tentatives, et délivre une nouvelle attestation valable cinq ans à compter de la date de réussite. Pour l'A2 comme pour le CATS, la mécanique suit celle d'un premier passage : inscription à une session en centre agréé ou sur le portail OCEANE de la DGAC, règlement de la redevance d'examen, puis épreuve surveillée sur ordinateur.
Aucun sursis n'existe passée la date anniversaire : un télépilote qui laisse expirer son certificat n'est simplement plus habilité à exercer dans la catégorie ou le scénario concerné, même s'il continue de voler par ailleurs sous un autre certificat encore valide. Rien n'empêche en revanche d'anticiper largement : repasser l'examen plusieurs mois avant l'échéance fait repartir le compteur de cinq ans dès la nouvelle date de réussite, sans perdre le bénéfice du temps restant sur l'ancien certificat.
Pour l'entreprise : suivre les échéances de chaque pilote
Pour une entreprise qui a fait le choix d'un pilote interne, le vrai risque n'est pas réglementaire mais organisationnel : un même salarié cumule souvent plusieurs certificats obtenus à des dates différentes — A1/A3 le premier mois, A2 quelques semaines plus tard, CATS un an après pour décrocher une mission en agglomération —, ce qui multiplie les échéances à surveiller plutôt que de les aligner sur une date unique. Sans registre dédié, le renouvellement se découvre souvent la veille d'une mission, au moment de rassembler les pièces du dossier — le même réflexe que celui décrit dans notre guide sur le MANEX et le carnet de maintenance : tenir à jour un tableau de bord des dates de validité, au même titre que celles de l'assurance ou de l'enregistrement AlphaTango de l'exploitant.
Pour une entreprise qui fait appel à un prestataire externe, la vérification est plus simple mais tout aussi nécessaire : demander la date d'obtention des certificats couvrant la mission fait partie des questions à poser avant de signer, décrites dans notre guide choisir son télépilote professionnel. Sur un contrat-cadre pluriannuel, cette vigilance revient au prestataire : un exploitant sérieux anticipe le renouvellement de ses équipes bien avant l'échéance, sans jamais faire porter ce risque au client.
Méthode et prix
Le renouvellement de l'A1/A3 ne coûte rien : le test en ligne se repasse gratuitement, en quelques dizaines de minutes, avec un résultat immédiat et une nouvelle attestation téléchargeable aussitôt. Pour l'A2 comme pour le CATS, la redevance d'inscription à une session en centre agréé reste, comme pour un premier passage, de l'ordre de quelques dizaines d'euros, fixée par arrêté ; une remise à niveau optionnelle — quelques heures de révision autonome ou un stage court auprès d'un organisme de formation, plutôt qu'un parcours complet — s'ajoute utilement quand le télépilote n'a plus manipulé les points les plus techniques du programme (météorologie, espaces aériens) depuis plusieurs années.
Le seul coût réel à anticiper est donc le temps : délai de convocation en session (de quelques jours à plusieurs semaines selon le centre), et surtout la marge à prendre avant l'échéance pour ne jamais se retrouver avec un certificat expiré la veille d'une mission déjà engagée. Pour une entreprise qui préfère confier cette vigilance à un prestataire déjà en règle plutôt que de la porter en interne, demandez un devis en précisant la mission et la catégorie de vol visée.
Questions fréquentes sur le renouvellement des attestations théoriques
Le renouvellement est-il automatique ? Non : aucun rappel officiel systématique n'est envoyé au télépilote, et aucun renouvellement ne se déclenche sans repasser l'épreuve correspondante.
Peut-on continuer à voler le jour de l'expiration ? Non : passée la date anniversaire des cinq ans, le certificat n'est plus valable, quelle que soit l'expérience de vol accumulée entre-temps.
Faut-il repasser toute la formation, ou seulement l'examen ? À ce jour, seule l'obligation de repasser l'épreuve théorique est clairement établie ; aucun parcours de formation complémentaire n'est formellement exigé au préalable, même si une remise à niveau reste conseillée.
Peut-on renouveler un certificat par anticipation ? Oui : l'examen peut être repassé à tout moment avant l'échéance, et le nouveau compteur de cinq ans repart dès la date de la nouvelle réussite.
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