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GUIDE C-DRONE · 23 JUILLET 2026

Vol de drone BVLOS (hors vue directe) en France : scénarios STS-01/STS-02, SORA, missions professionnelles et prix

Une entreprise qui inspectait ses lignes électriques sous l’ancien scénario national S2, un exploitant agricole qui traitait de grandes parcelles en S3, une collectivité qui surveillait son réseau d’eau potable en hors vue partielle : ces trois autorisations ont cessé d’exister le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, la France applique le même cadre que le reste de l’Union européenne — deux scénarios standards, STS-01 et STS-02, et une méthodologie SORA harmonisée pour tout ce qui les dépasse. Pour toute mission qui sort du strict vol en vue directe — inspection linéaire, cartographie de grande surface, surveillance longue distance — comprendre précisément ce que ces scénarios autorisent, et à partir de quand il faut basculer vers une étude sur mesure, conditionne désormais autant la conformité de l’exploitant que la faisabilité technique du vol.

Publié le 23 juillet 2026, relu le 28 juillet 2026 — réglementation en vigueur en juillet 2026.

Ce qui a changé pour les exploitants qui volaient hors vue avant 2026

Les scénarios nationaux S1, S2 et S3, qui encadraient les vols professionnels français depuis 2012, sont caducs depuis le 31 décembre 2025 — notre guide de référence sur la réglementation drone 2026 détaille l’ensemble de cette bascule, classes d’aéronefs comprises. Tout exploitant qui volait sous l’un de ces scénarios doit déposer une nouvelle déclaration d’activité sur AlphaTango avant sa première mission de l’année, en indiquant le ou les scénarios standards européens retenus — STS-01, STS-02 — ou la détention d’une autorisation d’exploitation spécifique délivrée après étude SORA.

Cette bascule ne change rien à l’objectif d’une mission — inspecter un ouvrage, cartographier une parcelle, surveiller un site — mais elle modifie les conditions techniques pour l’atteindre en hors vue directe : c’est précisément le cas du STS-02, le scénario qui rend possible l’essentiel des missions professionnelles hors vue en France depuis 2026.

STS-01 et STS-02 : ce que chaque scénario autorise réellement

Le STS-01 couvre les vols en vue directe (VLOS) au-dessus d’une zone contrôlée au sol, y compris en environnement peuplé. Il impose un drone de classe C5 (ou un C3 équipé d’un kit accessoire), une hauteur de vol plafonnée à 120 m, et une zone au sol maîtrisée par l’exploitant pendant toute la durée du vol.

Le STS-02 ouvre le vol hors vue directe (BVLOS), dans un cadre plus restrictif : zone au sol également contrôlée, environnement peu peuplé, drone de classe C6, hauteur plafonnée à 120 m. La distance horizontale maximale entre le télépilote et l’aéronef est de 1 km sans observateur, portée à 2 km en présence d’un observateur habilité positionné le long de la trajectoire. C’est ce scénario qui rend possibles la plupart des missions d’inspection linéaire — une ligne électrique, une voie ferrée, une canalisation — sur un tracé que le seul vol en vue directe ne permettrait pas de couvrir en une seule mission.

Dans les deux cas, le télépilote doit être titulaire du certificat théorique CATS — 40 questions en 60 minutes (30 pour les titulaires de l’examen A2), 75 % de bonnes réponses exigées, 30 € en centre OCEANE de la DGAC, valable cinq ans — en plus du brevet de base de la catégorie ouverte, détaillé dans notre guide sur les formations A1/A3 et le brevet A2.

SORA et PDRA : quand les scénarios standards ne suffisent plus

Une mission plus ambitieuse qu’un STS-02 — distance supérieure à 2 km, survol d’une zone peuplée, vol réellement autonome sans observateur intermédiaire — sort du cadre des scénarios standards et relève de la catégorie spécifique au sens plein : soit une PDRA (predefined risk assessment), un modèle d’exploitation prédéfini publié par l’AESA pour des cas d’usage récurrents, soit une étude SORA (specific operations risk assessment) menée par l’exploitant lui-même, dans sa version 2.5 en vigueur depuis le 29 septembre 2025. Cette méthodologie, élaborée par les autorités réunies au sein de l’organisme international JARUS et validée en France par la DGAC, classe le risque au sol et en vol de la mission projetée pour en déduire le niveau de robustesse technique et opérationnelle exigé.

Une étude publiée en 2025 dans la revue Quality and Reliability Engineering International par Zheng, Zhou et Ma pointe une limite structurelle de la méthode SORA classique : son modèle de risque repose sur des classes qualitatives discrètes, peu précises face à la diversité réelle des missions — une des causes de la lourdeur administrative régulièrement reprochée au dispositif — et les auteurs proposent un modèle quantitatif alternatif pour affiner l’évaluation du risque au sol et en vol (voir l’étude sur Google Scholar). En pratique, pour un exploitant professionnel, ce constat se traduit par un délai concret : un dossier SORA complet se prépare le plus souvent avec l’appui d’un bureau spécialisé, sur plusieurs semaines, quand une déclaration STS-01 ou STS-02 se dépose en quelques jours.

Les missions professionnelles que le BVLOS rend possibles

Le hors vue directe change d’échelle les missions d’inspection linéaire : une inspection de ligne électrique ou une inspection de voie ferrée qui imposait, en vue directe, de déplacer le télépilote tous les quelques centaines de mètres, s’effectue désormais en un nombre de vols bien plus réduit sous STS-02, avec des observateurs répartis le long du tracé plutôt qu’un télépilote qui marche en continu sous l’appareil. La même logique s’applique à la détection de fuite sur un réseau d’eau potable, à la patrouille de prévention des feux de forêt sur un massif étendu, ou à l’agriculture de précision sur des parcelles qui dépassent largement le rayon couvert par un seul opérateur en vue directe.

Une étude publiée fin 2025 dans Scientific Reports par Al-Haddad, Khalid, Tariq, Mrah, Flah, Tazay et Jaber propose un cadre d’évaluation de la fiabilité des missions d’inspection par drone sur les infrastructures électriques et énergétiques : chaque site à inspecter y est classé comme adapté, à risque ou infaisable pour un vol donné, en fonction de la taille de la flotte, de la portée des capteurs et de l’autonomie disponible (voir l’étude sur Google Scholar). Cette logique de planification rejoint très concrètement ce qu’impose une exploitation en STS-02 : la distance à l’observateur, l’autonomie de la batterie et la portée du lien radio deviennent des paramètres de mission à part entière, pas de simples contraintes techniques annexes.

Ce qu’il faut prévoir : démarches et prix d’une mission BVLOS en 2026

Le coût d’une mission hors vue directe dépend surtout du scénario retenu et de la préparation administrative qu’il exige. Les ordres de grandeur observés en France en 2026 :

PosteCoût constaté (HT)
Examen théorique CATS (centre OCEANE de la DGAC)30 €
Formation de préparation à l’examen, en organisme agréé (facultative)300 à 600 €
Déclaration d’exploitant STS-01/STS-02 sur AlphaTangodémarche gratuite, quelques jours de délai
Accompagnement à la constitution d’un dossier SORA ou PDRA2 000 à 6 000 € selon la complexité de la mission
Mission d’inspection linéaire en STS-02 (par journée de vol)800 à 2 500 €

À ces montants s’ajoute, comme pour toute mission professionnelle, une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée à l’exploitation déclarée, et une vérification systématique des zones réglementées sur la carte Géoportail — une zone peu peuplée au sens du STS-02 n’est pas nécessairement une zone ouverte au vol pour d’autres raisons aéronautiques. Le passage au tout-européen ne change rien aux sanctions qui s’appliquent à un vol non conforme : elles restent identiques, seul le référentiel de conformité a changé.

Questions fréquentes sur le vol BVLOS et les scénarios STS

Un exploitant qui volait en S2 ou S3 peut-il continuer sans rien changer ? Non : ces scénarios nationaux sont caducs depuis le 31 décembre 2025, une nouvelle déclaration STS-01 ou STS-02 doit être déposée sur AlphaTango, avec un drone conforme à la classe C5 ou C6 exigée.

Le STS-02 suffit-il pour toutes les missions hors vue ? Non : au-delà de 2 km avec observateur, en zone peuplée, ou pour un vol réellement autonome, il faut une PDRA ou une étude SORA complète, soumise à l’accord de la DGAC.

Faut-il une formation spécifique pour voler en STS-01 ou STS-02 ? Oui : le certificat théorique CATS, obtenu en centre OCEANE après une préparation en ligne ou en organisme agréé, distinct du brevet de la catégorie ouverte.

Le drone lui-même doit-il changer ? Le plus souvent oui : STS-01 exige une classe C5 (ou un C3 avec kit accessoire), STS-02 une classe C6 — un appareil qui volait sous un ancien scénario national n’est pas automatiquement conforme aux nouvelles classes.

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